DIG / La révision budgétaire du Gabon envoie un signal préoccupant aux marchés financiers et risque de retarder davantage la conclusion d’un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI).
En effet, le gouvernement a inscrit dans son budget révisé un déficit plus important que prévu, assorti d’un plan de financement ambitieux : émission d’un nouvel eurobond et mobilisation de près de 425 milliards de FCFA via des obligations du Trésor sur le marché intérieur.
Le Gabon perd-t-il en crédibilité ?
Pour les investisseurs, cette stratégie d’endettement expansionniste va à rebours des exigences de rigueur fiscale habituellement imposées par l’institution de Bretton Woods. Les obligations d’État gabonaises ont d’ailleurs enregistré une baisse sur l’ensemble de leurs échéances — signal que la confiance des marchés s’érode.
L’inquiétude est amplifiée par l’audit en cours de la dette publique couvrant la période 2016–2024, qui pourrait révéler des passifs cachés dans un pays dont la dette flirte déjà avec le seuil critique des 80 % du PIB de la zone CEMAC.
L’échéance de décembre 2026 sera-t-elle respectée ?
Le paradoxe est saisissant : au moment même où Libreville multiplie les signaux de bonne gouvernance — visite d’État à Paris, réforme fiscale, chasse aux exonérations — sa trajectoire budgétaire risque de faire capoter l’accord le plus structurant pour sa crédibilité financière.
Si un programme avec le FMI reste l’objectif, sa conclusion s’éloigne de plusieurs mois supplémentaires.



