Suez, Aksa Enerji, Oméga… :  Libreville fait monter les enchères pour son énergie

DIG/ Avec l’audience accordée le 20 juillet 2026 au Consortium Omega, Brice Clotaire Oligui Nguema, a ouvert un nouveau front dans la guerre d’influence qui se joue pour le contrôle de l’eau et de l’électricité au Gabon.

La proposition de Kwaku Boakye, CEO d’Omega, est offensive : Investissements massifs dans les infrastructures (gazoducs, réseaux électriques) et surtout 247 millions de dollars soit 142 milliards de FCFA pour éponger la dette toxique de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG).

Une offre « clés en main » qui vient bousculer un échiquier déjà bien occupé.

Avec la création de « La Gabonaise des Eaux » et « Électricité du Gabon », toutes deux ouvertes aux capitaux privés, Libreville attire les poids lourds.

Aksa Enerji se positionne

 

Le géant turc Aksa Enerji est déjà positionné sur la production, illustration de l’agressivité commerciale d’Ankara sur le continent.

Déjà engagé au Gabon dans 2 projets phare (construction d’une centrale bi-fuel de 100 MW à Akournamet, et remplacement d’une turbine à gaz de 50 MW à Port-Gentil en vue d’optimiser la production locale d’énergie), Aksa Enerji pilote également un projet de grande envergure portant sur la construction d’une centrale électrique à gaz d’une capacité de 1 000 MW, destinée à approvisionner les zones de Libreville 1 et 2, ainsi que la province de la Ngounié, notamment la ville de Fougamou.

 

Suez en embuscade

 

De son côté, le français Suez maintient son ancrage via des partenariats de gestion.

La multinationale française a signé, le 29 avril 2025, avec la SEEG, un contrat de 5 ans pour améliorer la desserte en eau potable sur l’ensemble du territoire national.

D’un montant de 200 millions d’euros (131 milliards), cet accord s’inscrit dans un objectif clair : optimiser les services de production et distribution de la ressource vitale à Libreville et dans les grandes villes de l’intérieur du pays.

Mais également un programme de transfert de savoir-faire au bénéfice des équipes de la SEEG et le rétablissement de l’équilibre financier de la société.

 

Omega en opportuniste

 

L’invitation d’Omega à la table des négociations, permet au Gouvernement de jouer habilement la carte de la mise en concurrence.

Entre la France, la Turquie et l’expertise panafricaine revendiquée par Omega, Oligui Nguema espère sans doute faire monter les enchères pour recapitaliser un secteur au bord de l’asphyxie financière.

Le sauvetage énergétique du pays est devenu une affaire hautement géopolitique.

 

 

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La Redaction

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