DIG / Alors que la région réduit son endettement, le Gabon voit sa dette publique s’envoler.
Le Fonds Monétaire Internationale (FMI) alerte sur une trajectoire budgétaire inquiétante.
Estimée actuellement à 8780 milliards de FCFA à fin décembre 2025, la dette publique du Gabon devrait bondir de 70,9 % du PIB en 2024 à… 94,3 % en 2027, selon les dernières projections d’avril 2026 du Fonds.
Une progression de plus de 23 points en trois ans, parmi les plus rapides de la sous- région.
Une projection très largement au dessus de la moyenne continentale
Cette trajectoire détonne dans un paysage régional en amélioration. L’endettement médian de l’Afrique subsaharienne est passé de 57,2 % à 53,1 % du PIB entre 2024 et 2025, porté par une croissance vigoureuse et des restructurations réussies.
L’Éthiopie, le Ghana et la Zambie ont notamment avancé dans l’assainissement de leurs finances publiques.
Un déficit qui se creuse
Le moteur de cette dérive, est un déficit budgétaire galopant. Passé de -3,3 % du PIB en 2024 à -8,5 % en 2025, il atteindrait -11,2 % en 2027.
Un rythme que la charge croissante des intérêts ne fera qu’amplifier.
Le FMI classe d’ailleurs le Gabon parmi les pays devant fournir un effort budgétaire important pour stabiliser leur dette.
Le Fond recommande d’utiliser toute recette exceptionnelle pour « reconstituer les marges de manœuvre budgétaires » et met en garde contre les « surcroîts de dépenses procycliques » difficiles à inverser.
Sans correction rapide, le pays risque de rejoindre le tiers des États subsahariens cumulant déjà plusieurs fragilités, avec très peu de marge pour absorber un nouveau choc économique.



