DIG / Les ressortissants gabonais candidats à un visa américain devront-ils bientôt casquer jusqu’à 20 000 dollars, soit 11 millions de FCFA pour espérer fouler le sol des États-Unis ?
Le Gabon figure désormais parmi les 30 pays africains soumis au programme de caution visa élargi et pérennisé par Washington.
Une mesure qui, sous couvert de lutte contre les dépassements de séjour, pose une question simple : Combien la mobilité des Gabonais va-t-elle désormais coûter ?
Un dispositif à trois paliers, mais lequel pour le Gabon ?
Le mécanisme prévoit une garantie remboursable pour les visas B1/B2 tourisme-affaires, dont le montant n’est pas fixe.
Le consul américain tranche lors de l’entretien entre trois paliers : 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars, la règle permanente autorisant même un plafond de 20 000 dollars.
Pour un Gabonais candidat au visa, l’incertitude est totale : rien n’indique à l’avance sur quel palier son dossier sera classé, ni selon quels critères précis.
S’agit-il du profil professionnel, des antécédents de voyage, ou d’une appréciation purement discrétionnaire du consul ?
Payer ne garantit rien
Autre zone d’ombre : le versement de la caution n’ouvre en rien un droit automatique au visa. Et même en cas d’obtention, les conditions restent draconiennes : validité de trois mois maximum, entrée unique, séjour plafonné à 30 jours, avec passage obligatoire par des aéroports commerciaux désignés.
Un Gabonais d’affaires ou un étudiant candidat à un séjour aux États-Unis peut-il encore considérer ce visa comme un outil de mobilité viable, ou ce dispositif ne vise-t-il pas, de fait, à décourager les demandes ?
Une mesure présentée comme technique, aux effets potentiellement politiques
Washington justifie l’extension du programme par la volonté de réduire les dépassements de durée de séjour, le Département d’État le qualifiant d’outil efficace pour faire respecter les règles migratoires.
Mais avec 30 pays africains désormais concernés sur 50 pays dans le monde, la proportion interroge : s’agit-il réellement d’un ciblage basé sur des statistiques d’infraction, ou le continent africain paie-t-il un tribut disproportionné à cette politique ?
Quelle réponse des autorités gabonaises ?
Reste une interrogation majeure pour Libreville : les autorités gabonaises comptent-elles réagir diplomatiquement à cette classification, à l’image d’autres pays qui ont pu contester ou négocier leur inclusion sur ce type de listes ?
Pour l’heure, aucune communication officielle gabonaise n’a suivi cette annonce.
Le silence sera-t-il la seule réponse à cette nouvelle barrière financière imposée aux candidats gabonais au rêve américain ?



