DIG / Le Forum national de l’épargne pour le développement (FONED) ouvre un débat stratégique : comment transformer l’épargne des ménages, des entreprises et des investisseurs institutionnels en capital destiné à financer la production et les infrastructures ?
Pour le Gabon, cette équation devient centrale avec les ambitions du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.
En effet, le pays prévoit près de 27 955 milliards de FCFA d’investissements sur la période 2026-2030, dont environ 18 600 milliards devraient être portés par le secteur privé.
Le défi n’est donc plus seulement de trouver des financements, mais de créer les conditions permettant à l’épargne disponible de devenir du crédit, du capital et, in fine, de l’investissement productif.
Sortir de la dépendance aux financements extérieurs
Pour le Gabon, mieux mobiliser l’épargne domestique présente un avantage stratégique : réduire la dépendance au pétrole, à l’endettement et aux financements extérieurs.
L’objectif est de faire davantage circuler les ressources financières vers l’agriculture, l’industrie, les PME, les infrastructures et les services numériques.
Mais l’épargne ne se transforme pas automatiquement en investissement. Les banques doivent trouver des projets rentables et suffisamment sécurisés, tandis que les entreprises doivent pouvoir présenter des dossiers bancables. Le développement de mécanismes de garantie et de financements de long terme sera donc déterminant.
Le vrai capital à mobiliser : la confiance
Le principal enjeu du FONED est finalement moins la quantité d’argent disponible que la confiance dans son utilisation.
Pour que les ménages épargnent davantage, que les entreprises investissent et que les institutions financières prennent davantage de risques, il faut un environnement prévisible : sécurité juridique, gouvernance, transparence et stabilité réglementaire.
Le Haut Conseil pour l’Investissement a d’ailleurs identifié plusieurs de ces conditions, notamment l’amélioration de la gouvernance, de la compétitivité logistique, de la commande publique et de l’inclusion des PME.
Le test du FONED
Le FONED sera donc jugé moins sur les montants annoncés que sur les mécanismes concrets créés après le forum.
Si l’épargne nationale parvient à financer davantage d’entreprises gabonaises, de logements, d’infrastructures et de projets industriels, elle deviendra un véritable moteur de transformation économique.
Le pari est ambitieux : faire passer le Gabon d’une économie qui cherche principalement des capitaux à une économie capable de mobiliser ses propres ressources pour produire davantage.



