DIG / Après plusieurs campagnes de sensibilisation, les autorités gabonaises veulent désormais sanctionner les comportements à l’origine de l’insalubrité.
Une évolution nécessaire, mais qui pose une question centrale : peut-on durablement rendre les villes propres sans améliorer en parallèle le service public de gestion des déchets ?
Pendant longtemps, la lutte contre l’insalubrité a principalement reposé sur les opérations de nettoyage et la sensibilisation des populations.
Or, la persistance des dépôts sauvages montre les limites de cette approche. Le passage aux sanctions traduit donc une volonté de responsabiliser davantage les citoyens et de faire respecter les règles.
Le risque d’une politique uniquement répressive
Sanctionner les auteurs de dépôts sauvages peut avoir un effet dissuasif. Mais la répression ne peut constituer, à elle seule, une politique de salubrité.
Lorsque la collecte est irrégulière, que les points de dépôt sont insuffisants ou que certains quartiers restent mal desservis, la responsabilité ne peut être entièrement transférée aux habitants.
L’efficacité du dispositif dépendra donc de la capacité des pouvoirs publics à proposer une alternative crédible à l’incivisme : collecte régulière, équipements adaptés, contrôle des opérateurs et traitement effectif des déchets.
Transformer la propreté en politique publique
L’enjeu est finalement économique autant qu’environnemental. Une ville propre réduit les coûts liés à l’obstruction des caniveaux, aux dégradations des infrastructures et aux risques sanitaires.
Elle améliore également l’attractivité des quartiers et l’image du pays.
Le passage de la sensibilisation aux sanctions peut ainsi constituer un tournant. Mais pour produire des résultats durables, le Gabon devra passer d’une logique de nettoyage ponctuel à une véritable économie circulaire des déchets, associant collectivités, entreprises, citoyens et filières de valorisation.
La réussite de cette nouvelle phase ne se mesurera donc pas au nombre d’amendes distribuées, mais à une question beaucoup plus simple : les rues gabonaises seront-elles durablement plus propres ?



