DIG / Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) issu du conseil des ministres du 22 mai 2026 acte une rupture nette avec les ambitions affichées en début d’année.
Les dépenses d’investissement sont amputées de 968 milliards FCFA, tombant à 1 169,1 milliards contre 2 137,2 milliards dans la loi initiale. C’est le poste le plus sacrifié, de loin.
La justification officielle : la déprogrammation de projets faute d’études de faisabilité laisse perplexe.
Comment des projets sans études préalables ont-ils pu être inscrits dans une loi de finances ?
Ce qui devait être un budget de développement révèle, en creux, les lacunes de la planification publique gabonaise.
La dette, elle, ne baisse pas
Pendant que les investissements s’effondrent, les charges financières de la dette, elles, progressent : 487,6 milliards FCFA contre 419,8 milliards à l’initiale, soit une hausse de 67,7 milliards.
Le Gabon investit moins et rembourse plus. L’amortissement de la dette absorbe à lui seul 1 309,2 milliards FCFA sur les charges de trésorerie et de financement.
Un arbitrage qui dessine une trajectoire préoccupante : les générations à venir financeront des infrastructures qui ne seront pas construites aujourd’hui.
Pour rappel, d’après les dernières estimations de l’agence de notation américaine Fitch Ratings, la dette du Gabon est passée de 72 % du PIB en 2024 à 81,1 % en 2025.
Elle pourrait atteindre près de 88 % du PIB en 2027, notamment si les prix du pétrole baissent.



