Gabon : L’IATA exige la suspension immédiate de la redevance API/PNR

DIG / Dans une correspondance adressée le 6 août 2026 au ministre des Transports Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, l’Association du Transport Aérien International (IATA) a exprimé ses vives inquiétudes concernant l’instauration de la nouvelle redevance aéroportuaire API/PNR en République gabonaise.

Fixée à 30 dollars américains — soit environ 17 400 FCFA — par passager via l’arrêté du 10 juin 2026, cette redevance figure parmi les plus élevées au monde pour ce type de dispositif.

L’IATA estime qu’elle risque de nuire gravement à l’attractivité touristique du Gabon et à sa connectivité aérienne régionale, à un moment où le pays cherche précisément à développer son secteur touristique et à attirer de nouvelles compagnies.

Trois violations des standards internationaux pointées du doigt

L’IATA soulève trois problèmes de fond. Sur le plan réglementaire, elle rappelle que les politiques de l’OACI (Doc 9082) stipulent que l’aviation civile ne doit pas financer des fonctions régaliennes de sécurité nationale ni payer pour des systèmes non encore opérationnels — deux situations qui caractérisent, selon elle, le dispositif gabonais.

Sur le plan procédural, la mesure a été introduite sans concertation préalable avec les compagnies aériennes ni communication claire sur sa justification économique.

Sur le plan juridique, l’association souligne l’absence de garanties explicites concernant la durée de conservation, l’utilisation et la confidentialité des données personnelles des voyageurs.

Les recommandations de l’IATA

L’association internationale préconise trois mesures :

  • La suspension immédiate de la redevance le temps d’en évaluer les impacts et d’étudier des alternatives moins pénalisantes pour les passagers ;
  • L’ouverture d’un dialogue formel et transparent entre le gouvernement et les acteurs du secteur aérien ;
  • Et la définition d’un calendrier technique réaliste — entre trois et six mois après la mise à disposition des spécifications techniques et du cadre juridique — pour permettre aux compagnies d’adapter leurs systèmes.

Un risque majeur pour les compagnies aériennes

L’IATA réaffirme son soutien au principe des systèmes API/PNR pour renforcer la sécurité des frontières.

Mais elle invite clairement les autorités gabonaises à aligner leur démarche sur les normes internationales — sous peine de voir des compagnies aériennes réduire ou suspendre leurs liaisons vers Libreville, aggravant ainsi le déficit de connectivité que la taxe sur la sécurité était censée contribuer à financer.

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La Redaction

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