Gabon : Pourquoi le procureur général Eddy Narcisse Minang a été suspendu de ses fonctions ?

DIG / Eddy Narcisse Minang, procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville et figure centrale de la lutte anticorruption post-coup d’État, a été officiellement suspendu de ses fonctions, le jeudi 11 juin 2026.

Cette décision majeure, signée par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, secoue profondément l’appareil étatique gabonais.

Un magistrat puissant pris dans la tourmente

Rendu célèbre pour avoir orchestré le procès historique et ultra-médiatisé ayant conduit à la condamnation de Sylvia et Noureddin Bongo, Eddy Narcisse Minang faisait office de pilier de la justice.

Aujourd’hui, la donne change radicalement.

Après avoir été auditionné pendant plusieurs heures à la présidence de la République, le haut magistrat fait l’objet d’une suspension conservatoire de trois mois.

Plusieurs griefs particulièrement graves pèsent actuellement sur lui :

-Entrave à une procédure judiciaire : Il est suspecté d’avoir usé de son entregent et de son influence pour court-circuiter une instruction en cours.

-Malversations financières : Des dossiers sulfureux entourent cette suspension, notamment une affaire financière estimée à 4 milliards de francs CFA impliquant des opérateurs économiques chinois.

-Des soupçons de complaisance liés à des connexions géographiques avec la Direction centrale des affaires financières (DCAF) alimentent également le dossier.

Assurer la continuité du service public

Face à la gravité des faits et pour éviter toute paralysie de la plus haute instance du parquet de Libreville, les autorités ont immédiatement acté son remplacement temporaire.

L’intérim a été immédiatement confié à Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, magistrate hors hiérarchie, en droite ligne du principe de continuité du service public.

Cette mise à pied, bien qu’étant une mesure conservatoire en attendant les conclusions d’un probable Conseil de discipline, relance les débats de fond sur l’intégrité des institutions judiciaires et l’impartialité des hommes qui les dirigent au Gabon.

L’évolution de ce dossier sensible, qui touche le sommet de la magistrature, est désormais scrutée de très près par l’opinion publique.

 

 

 

 

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La Redaction

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