DIG / Avec le lancement officiel de la Gabonaise des Jeux (GDJ), le jeudi 22 octobre 2022 au Palais des Congrès, l’État met fin à une anomalie économique.
Cette nouvelle entité publique a pour objectif de récupérer les milliards d’un marché très lucratif, jusqu’ici laissé aux mains du privé, pour renflouer les caisses publiques et financer le développement du pays.
C’est un contraste qui en dit long sur le manque à gagner pour les finances publiques.
Monopole privé
Jusqu’à présent, le secteur des jeux de hasard et des paris sportifs au Gabon pesait plus de 3 milliards de francs CFA (environ 5,3 millions USD), selon le cabinet d’étude Statista.
Pourtant, l’État gabonais n’en récoltait que des miettes soit à peine 185 millions de FCFA de recettes fiscales en 2024.
Avec une contribution directe au PIB inférieure à 0,01 %, il y avait urgence à siffler la fin de la récréation.
Reconquête fiscale
C’est désormais chose faite. Le lancement en grande pompe de la Gabonaise des
Jeux (GDJ) et de sa plateforme en ligne GDJBET.COM, acté ce jeudi 22 octobre 2026
dernier au Palais des Congrès, marque une véritable opération de reconquête fiscale.
Créée par ordonnance présidentielle, la GDJ n’est pas une simple entreprise de divertissement. Elle est un instrument de souveraineté économique.
« La Gabonaise des Jeux doit être un fleuron de notre économie […] un opérateur économique engagé, qui crée des emplois et de la richesse au bénéfice du pays », a martelé le ministre de l’Intérieur, Edgard Moukoumbi, lors de la cérémonie de lancement présidée par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault.
Un monopole d’État armé par la technologie
Pour faire face à des opérateurs privés installés depuis longtemps et capter cette manne financière, l’État a décidé de s’en donner les moyens.
La reprise en main du monopole s’appuie sur une infrastructure technologique de pointe.
En début d’année, le gouvernement a en effet scellé un accord stratégique avec le canadien ST Media INC pour déployer e-Tech SAS.
Ce système de gestion numérique a vocation à instaurer une traçabilité implacable des flux financiers.
En numérisant le contrôle des mises et des gains, l’État s’assure d’optimiser la collecte des taxes tout en asphyxiant le marché noir et l’exploitation illégale.
« Nous exigeons plus de transparence et de lisibilité dans ce secteur », a insisté le ministre de tutelle.
Un levier pour 2028
Avec une croissance des revenus du marché des jeux estimée à 8,3 % par an dans les prochaines années, les enjeux sont colossaux.
L’arrivée de la GDJ doit permettre de pulvériser les timides projections fiscales de 2025, estimées à 221,5 millions de FCFA avant la réforme, et de réorienter massivement cet argent vers le financement des priorités nationales d’ici 2028.
Comme l’a résumé Roméo Nguema Ondo, le Directeur Général de la nouvelle entité :
« Notre ambition est d’exploiter de manière performante et durable le secteur des jeux pour en faire un levier de développement national ».



