Immigration : 75 % de Gabonais souhaitent réduire la main d’œuvre étrangère

DIG / Une récente enquête d’’Afrobarometer met en évidence un paradoxe de plus en plus visible dans l’opinion publique gabonaise : 75 % des personnes interrogées considèrent l’immigration économique comme néfaste pour le pays, tandis qu’une part importante de la population envisage elle-même de partir à l’étranger.

Derrière ces perceptions se dessine une même préoccupation : l’accès aux opportunités économiques et professionnelles.

Un marché du travail sous tension

Le regard porté sur l’immigration semble d’abord lié aux difficultés d’accès à l’emploi. Seuls 17 % des répondants se déclarent favorables à l’accueil de travailleurs étrangers, tandis que 60 % souhaitent un renforcement des contrôles aux frontières.

Ces chiffres traduisent une volonté de privilégier davantage la main-d’œuvre nationale dans un contexte où le chômage, notamment des jeunes, demeure une préoccupation majeure.

L’immigration économique est ainsi souvent perçue moins comme un levier de complémentarité des compétences que comme une concurrence supplémentaire sur un marché du travail déjà sous pression.

Le paradoxe de l’émigration

Mais l’enquête révèle une autre facette de cette perception. 37 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà envisagé de quitter le Gabon.  

Parmi elles, près de six sur dix privilégient l’Europe (31 %) ou l’Amérique du Nord (29 %), alors que seulement 10 % envisagent un autre pays d’Afrique centrale.

Le paradoxe est donc frappant : une partie importante de l’opinion souhaite limiter l’arrivée de travailleurs étrangers tout en envisageant elle-même une mobilité internationale.

Ce phénomène peut être lu comme le reflet d’une recherche d’opportunités, de revenus et de perspectives professionnelles jugées plus favorables à l’extérieur.

 L’enjeu : restaurer l’attractivité du Gabon

Pour les pouvoirs publics, ces résultats posent surtout la question de l’attractivité économique du pays pour ses propres citoyens. La priorité consiste à développer l’emploi national, renforcer la formation professionnelle et améliorer les perspectives offertes aux jeunes.

L’enjeu migratoire ne peut toutefois être réduit à une opposition entre Gabonais et étrangers. Certains secteurs ont besoin de compétences extérieures, tandis que l’économie gabonaise doit simultanément mieux valoriser sa main-d’œuvre nationale.

Le véritable défi est donc de réduire le sentiment de concurrence économique tout en faisant du Gabon un pays où partir devient un choix, et non une nécessité.

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La Redaction

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