DIG / Alors que les déguerpissements et les réquisitions de parcelles s’intensifient, le montant des indemnités accordées aux sinistrés provoque un tollé général.
En cause, une évaluation fondée sur des grilles tarifaires vieilles de quinze ans, en totale déconnexion avec les réalités économiques actuelles.
Des chiffres d’un autre temps
Sur le papier, l’Administration applique les textes réglementaires. Dans les faits, le texte utilisé à savoir le décret n°1016/PR/MAEPDR du 24 août 2011, accuse un retard abyssal face à l’évolution des prix.
Pour un bâtiment en matériel dur, le barème officiel fixe la compensation à seulement 2 000 FCFA par mètre carré.
Une clôture en barbelé est évaluée à 1 000 FCFA/m², tandis qu’une structure en matériel local ne vaut que 500 FCFA/m² aux yeux de la loi.
Le choc du marché réel
Sur le terrain, ces montants se heurtent de plein fouet à la réalité du marché de la construction.
Aujourd’hui, alors qu’un simple sac de ciment coûte à lui seul plus du double du prix indemnisé pour un mètre carré bâti, l’équation devient impossible pour les ménages impactés.
Percevoir une enveloppe globale de quelques centaines de milliers de francs CFA ne permet même plus d’acheter les matériaux de base tels le fer, le gravier et les tôles.
Du matériel pourtant indispensable pour couler une dalle ou monter quatre murs.
Vers une précarisation des ménages
Ce décalage financier condamne les familles expropriées à un appauvrissement brutal : Attribution de parcelles non viabilisées en périphérie et indemnités dérisoires forment un cocktail explosif.
Sans moyens pour reconstruire, les déguerpis basculent dans la précarité.
Si l’aménagement du territoire et l’intérêt public justifient ces opérations, la révision urgente de ces barèmes obsolètes s’impose désormais comme un impératif social.



