Transport maritime : La CNNII et l’énigme des comptes non certifiés 

DIG / La CNNII a annoncé un plan de relance avec un pivot sur le fret afin de remettre l’entreprise à flot.

Mais derrière ce volontarisme affiché, une zone d’ombre persiste, celle de l’absence de comptes certifiés. Un point que la direction générale, elle-même, a inscrit parmi ses chantiers financiers prioritaires lors de son Comité de direction élargi de septembre 2026, sans toutefois préciser d’échéance.

Un aveu qui interroge

À son arrivée en 2024, le directeur général Alexis Mpiga Okoumba affirme avoir trouvé une compagnie « sans recettes et sans comptes certifiés ».

Cet aveu indique qu’aucun état financier fiable ne permet aujourd’hui d’établir avec certitude le bilan réel de l’armateur national, ni de rapprocher les 4 milliards FCFA de dette sociale des 2,8 milliards FCFA de créance revendiquée sur l’État. 

En d’autres termes, la photographie financière de la CNNII repose actuellement sur les seules déclarations de sa direction.

Un exercice de communication qui ne saurait tenir lieu d’audit

 

Aux dires de son Directeur Général, cette opacité règne depuis olus de 5 ans.
Plusieurs questions restent sans réponse publique.

Un commissaire aux comptes a-t-il été formellement désigné ? Si oui, a-t-il émis des réserves, refusé de certifier, ou démissionné ?

À défaut, pourquoi la tutelle n’a-t-elle pas imposé un audit indépendant plus tôt ?
Ou en est le Trésor public dans l’audit et la validation du passif financier ?

Ces interrogations sont d’autant plus légitimes que la compagnie est une entreprise publique, dont le capital et les pertes sont in fine supportés par le contribuable.

Un préalable à toute crédibilité

La certification des comptes n’est pas qu’une formalité comptable. C’est le préalable technique à toute négociation bancaire sérieuse, à toute levée de fonds. 

C’est également une étape nécessaire à la transformation prévue de la CNNII en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), inscrite dans le projet de loi du 25 juin 2026.

  Sans comptes certifiés, comment évaluer la valeur des actifs à transférer au futur EPIC ? 

apropos de l auteur

La Redaction

Laisser un commentaire