Innovation spatiale : Le Gabon a t-il les moyens de lancer son propre satellite ? 

DIG/ La cinquième édition de la conférence New Space Africa s’est ouverte, le lundi 20 avril 2026 à Libreville, avec une question en filigrane : le Gabon est-il réellement prêt à franchir le cap de la souveraineté spatiale ? Les discours sont ambitieux. Les chiffres, eux, invitent à nuancer.

Le Directeur général de l’AGEOS, Aboubakar Mambimba Ndjoungui, le reconnaît lui-même : le Gabon en est encore à la phase applicative.

L’agence, créée en 2010, maîtrise l’exploitation des données satellitaires, mais ne dispose d’aucun satellite propre. À titre de comparaison, l’Angola en possède deux. Des pays ayant lancé leur programme spatial après Libreville ont déjà mis des engins en orbite.

Etude et concrétisation

Sur le papier pourtant, les atouts existent. La position équatoriale du Gabon réduit mécaniquement la consommation de carburant des lanceurs, un avantage géostratégique rare, comparable à celui de Kourou.

Un satellite opérationnel coûte entre 10 et 15 milliards de francs CFA, un montant que le directeur général juge « accessible ».

Des évaluations ont été remises aux autorités. Un projet de base de lancement est « à l’étude ». Mais entre l’étude et la réalité, aucun calendrier n’a été annoncé.

Feuille de route

Côté gouvernement, la ministre Laurence Ndong a annoncé lors de son discours d’ouverture, la finalisation prochaine d’une politique spatiale nationale, promettant de faire du Gabon « un pôle stratégique du spatial en Afrique centrale ».

Une ambition réelle, mais qui bute sur un obstacle structurel : le financement. Car si la volonté politique semble se préciser, les ressources pour concrétiser ces projets restent, pour l’heure, non confirmées.

 

 

 

 

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La Redaction

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