DIG / Quatre communes, plusieurs opérateurs, des montagnes de déchets et désormais 90 jours pour produire des résultats.
Le Grand Libreville veut enfin parler d’une seule voix contre l’insalubrité. Mais derrière cette nouvelle feuille de route, une question dérange : combien de plans faudra-t-il encore avant que les habitants voient réellement la différence dans leurs rues ?
Le problème n’est plus le diagnostic
Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum veulent désormais coordonner leurs actions : zones de collecte, fréquences, moyens, responsabilités et évaluation.
Une feuille de route doit être soumise au gouvernement dès le 9 septembre 2026.
Sur le papier, la méthode paraît enfin plus cohérente. Car le problème est connu depuis longtemps.
Libreville produit à elle seule 700 à 800 tonnes de déchets par jour, tandis que la décharge de Mindoubé est arrivée à saturation.
90 jours : cette fois, il faudra des preuves
Le mérite de cette nouvelle échéance est de fixer un calendrier. Mais elle transforme surtout la question de la salubrité en obligation de résultat.
Les mairies et les opérateurs ne pourront plus simplement invoquer l’incivisme des populations, les difficultés logistiques ou les chevauchements de compétences.
Ces problèmes existent, mais la responsabilité publique commence précisément là où ils doivent être réglés.
Le vrai test sera dans les quartiers
Une ville propre ne se mesure pas au nombre de réunions tenues, de communiqués publiés ou de tonnes ponctuellement évacuées.
Elle se mesure à la disparition durable des dépôts sauvages, à la régularité des collectes et à la capacité des autorités à sanctionner ceux qui dégradent l’espace public.
Dans 90 jours, les Gabonais ne demanderont pas de nouvelles promesses. Ils regarderont leurs rues.
Et si les tas d’ordures sont toujours là, il faudra alors poser la seule question qui vaille : où sont passées les responsabilités, les moyens et les méthodes ?



