DIG / À moins de cinq mois de l’échéance du 1er janvier 2027, le Gabon maintient son interdiction des importations de poulet de chair.
Le vrai défi n’est plus d’annoncer la mesure — c’est de démontrer que la production nationale peut prendre le relais.
Une avalanche de chiffres
Le chiffre donne la mesure de l’enjeu : le Gabon importe actuellement environ 90 000 tonnes de volaille par an, pour une sortie de devises estimée à 121 millions de dollars.
Face à cette dépendance, le gouvernement a activé le Plan Opérationnel d’Urgence de la Filière Avicole (POUFA) — 3 millions de poussins déployés à partir de septembre 2026 auprès de 150 exploitations privées, pour une production visée de 5 000 tonnes par an.
Des conventions d’investissement de plus de 775 milliards de FCFA ont par ailleurs été signées en mai 2026 avec cinq partenaires, et la SMAG annonce un objectif de 120 000 tonnes à terme.
Trois préalables
Mais les chiffres annoncés et les volumes réellement disponibles au 1er janvier 2027 restent deux réalités très différentes.
Trois conditions détermineront la réussite : sécuriser les intrants — poussins, maïs, soja — pour ne pas substituer une dépendance à une autre ; structurer la chaîne de transformation avec abattoirs, stockage et chaîne du froid ; et maintenir des prix accessibles pour que le consommateur ne paie pas le coût de la transition.
Le 1er janvier 2027 ne sera pas une date administrative : Ce sera un test de crédibilité pour la politique de souveraineté alimentaire gabonaise.
Près d’une décennie après le dernier diagnostic, le lancement par l’Institut National de la Statistique (INSTAT) de l’Enquête Gabonaise pour l’Évaluation de la Pauvreté (EGEP) et l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM) 2026 répond à une urgence stratégique et économique majeure.



