DIG / Interrogé récemment par la presse locale sur la situation de la Société Agropastorale du Gabon (AGROPAG), son président du Conseil d’administration, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, dresse un constat économique et institutionnel alarmant.
Entre blocages de gouvernance et réflexion sur la compétence dans les nominations, il alerte sur le risque de paralysie d’un levier clé de la diversification économique nationale.
Une structure « en train de mourir »
En effet, le diagnostic est sans détour. En l’espace de trois mois, 5 conseils d’administration ont été convoqués sans parvenir à faire avancer le fonctionnement élémentaire de la société.
L’ancien chef du gouvernement dénonce une rupture de confiance profonde : l’intégralité des résolutions actées par le Conseil d’administration se heurte au refus d’exécution de la Direction générale.
Face à cette impasse opérationnelle qui menace la viabilité financière de la structure, Raymond Ndong Sima a annoncé son retrait, refusant d’alimenter davantage un blocage dont il n’est pas l’auteur.
C’est un signal grave pour un pays qui affiche la souveraineté alimentaire parmi ses priorités stratégiques. L’AGROPAG n’est pas une structure anecdotique — elle est censée être un pilier de la politique agricole nationale.
La voir se paralyser de l’intérieur pour des raisons de gouvernance interne est un aveu d’échec institutionnel.
La compétence, pas l’âge
Élargissant son propos aux enjeux globaux de la gestion publique, Raymond Ndong Sima s’attaque à un débat qui monte au Gabon : l’opposition entre jeunes et anciens dans les nominations aux postes de responsabilité. Il le rejette fermement.
S’appuyant sur les définitions retenues par l’ONU (jeunesse jusqu’à 24 ans) et l’Union africaine (jusqu’à 34 ans), il rappelle qu’aucune nation ne peut construire une économie solide en substituant la querelle des âges à l’exigence de résultats.
Sa métaphore est parlante : » Le développement économique ressemble à une course de relais. Si l’un des quatre sprinteurs est écarté prématurément ou défaillant, c’est l’ensemble du groupe qui perd. Ni le bas âge ni l’expérience ne confèrent un privilège automatique — seule la compétence technique et la capacité à conduire un projet créateur de valeur doivent guider les nominations ».
Un appel au pragmatisme
En tirant les leçons des dysfonctionnements de l’AGROPAG, Raymond Ndong Sima plaide pour un retour au pragmatisme : capitaliser sur l’expérience, exiger la compétence, rétablir une gouvernance rigoureuse.
Trois conditions qu’il juge indispensables pour sortir l’économie nationale des blocages qui la paralysent — et qui commencent, visiblement, de l’intérieur même des structures censées la faire avancer.



