Affaire Mbanié : Quand Malabo veut imposer sa lecture à Libreville…

DIG / La suspension par Libreville de l’accord-cadre signé avec Malabo moins de 48 heures après sa conclusion illustre la profonde défiance qui mine les relations entre les deux voisins — et la fragilité de tout processus diplomatique construit sur des perceptions divergentes du même texte.

Un arrêt de la CIJ qui ne règle pas tout

L’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice sur le différend territorial entre le Gabon et la Guinée équatoriale constitue une base juridique — mais pas une solution clé en main.

La délimitation des frontières maritimes et terrestres entre les deux pays, notamment autour des îles contestées de Mbanie, Conga et Cocoteros, soulève des enjeux économiques considérables liés aux ressources pétrolières offshore.

C’est précisément parce que les enjeux sont immenses que chaque mot du texte signé à Addis-Abeba a été scruté, interprété et instrumentalisé.

La bataille du récit comme premier front

Ce qui se joue ici n’est pas encore une bataille territoriale — c’est une bataille narrative.

En présentant l’accord-cadre comme une avancée plus substantielle qu’il ne l’était réellement, la Guinée équatoriale a cherché à créer un précédent interprétatif favorable à sa position.

Libreville, en réagissant dans les 48 heures avec une suspension et un communiqué ferme, a choisi de ne pas laisser s’installer cette lecture.

C’est une posture diplomatique compréhensible — mais elle révèle aussi à quel point la confiance entre les deux parties est inexistante.

 L’Union africaine face à ses limites

Cette crise met également en lumière les difficultés de l’UA à jouer un rôle de médiateur crédible dans un contentieux où les deux parties ont des lectures radicalement opposées du même document, signé sous son égide.

Si l’accord-cadre a pu être interprété de manière si divergente en moins de 48 heures, c’est aussi parce que sa rédaction manquait probablement de la précision nécessaire pour prévenir ce type de querelle sémantique.

Le contentieux Gabon–Guinée équatoriale entre dans une nouvelle phase d’incertitude.

La reprise du dialogue dépendra moins des garanties formelles demandées par Libreville que d’une volonté politique réelle des deux capitales de dépasser une méfiance historique profondément enracinée.

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La Redaction

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