DIG/ Présenté comme un futur quartier résidentiel moderne aux portes de Libreville commercialisé par la Société nationale immobilière (SNI), le lotissement des Parasoliers, dans la commune d’Akanda, demeure 5 ans après son inauguration, le 5 juin 2021 par l’ex- Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda., dans un état d’inachèvement qui exaspère les acquéreurs.
Entre viabilisation incomplète, infrastructures abandonnées et promesses non tenues, la frustration a laissé place à une amertume durable pour des logements compris entre 33 et 44 millions de FCFA.
Le gouffre entre la maquette et le terrain
Sur place, le tableau est saisissant. Le raccordement pérenne aux réseaux d’eau potable et d’électricité fait toujours défaut dans plusieurs îlots.
Les voies d’accès, non bitumées et dépourvues de canalisations d’évacuation, se transforment en bourbiers lors des pluies et en pistes de poussière en saison sèche.
Des structures en béton, abandonnées à mi-construction, sont désormais colonisées par la végétation.
Le contexte national aggrave la situation : selon les données disponibles, environ 60 % des Gabonais n’ont pas accès à l’eau potable courante, et les coupures d’électricité frappent régulièrement le Grand Libreville — des déficits structurels qui pèsent d’autant plus lourd dans un quartier déjà privé des raccordements promis.
Un double paiement insoutenable
Pour les familles ayant engagé leurs économies dans ce projet, l’équation financière est devenue intenable. Nombreuses sont celles qui cumulent le remboursement d’un crédit immobilier — dont les taux pratiqués par les banques gabonaises oscillent généralement entre 8 et 12 % — avec le paiement d’un loyer en ville, dans l’impossibilité d’emménager dans des conditions décentes.
S’y ajoutent les dépenses contraintes liées à l’autogestion du quotidien : camions-citernes pour l’approvisionnement en eau, groupes électrogènes pour pallier l’absence d’électricité, entretien des accès à la charge des résidents.
« On nous promettait un quartier résidentiel entièrement viabilisé. Aujourd’hui, nous devons tout gérer nous-mêmes. C’est un gouffre financier », résume un collectif de riverains.
Un symptôme des défaillances de l’aménagement urbain gabonais
Le cas des Parasoliers n’est pas isolé. Il illustre une pathologie récurrente du développement urbain dans le Grand Libreville : des programmes immobiliers lancés avec ambition, commercialisés sur plan et livrés sans les infrastructures essentielles.
Selon les estimations, Libreville manque de plusieurs dizaines de milliers de logements décents pour faire face à une croissance démographique qui concentre désormais près de 60 % de la population gabonaise dans la seule province de l’Estuaire.
Les attentes se tournent vers les promoteurs du site et les autorités compétentes — ministère de l’Habitat et mairie d’Akanda — pour qu’un audit précis du chantier soit conduit, que les travaux de voirie et de réseaux divers soient finalisés, et que les habitants obtiennent enfin le cadre de vie pour lequel ils ont payé.




