DIG/ Alors que le gouvernement vante le déploiement de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) dans les quartiers des PK du Grand Libreville, une vive polémique éclate.
En effet, beaucoup dénoncent un détournement de la mission de la structure, l’accusant d’être la vitrine d’un monopole au profit d’un unique importateur privé.
La façade officielle : une extension présentée comme une victoire sociale
Après les marchés d’Angondjé et de Nzeng-Ayong, la CEAG poursuit son déploiement dans les Points Kilométriques du Grand Libreville.
L’objectif officiel est lisible : rapprocher les produits de première nécessité des populations à des prix subventionnés, court-circuiter les intermédiaires et peser sur les coûts pour lutter contre la vie chère.
Sur le papier, l’intention est cohérente avec les ambitions sociales affichées par les autorités.
L’envers du décor : une concurrence jugée déloyale
Mais l’initiative fait grincer des dents. Selon plusieurs observateurs, la CEAG s’éloigne totalement du modèle d’une centrale d’achat classique et exerce une concurrence déloyale sur les petits opérateurs économiques locaux, incapables de s’aligner sur des tarifs qu’ils jugent artificiellement bas et faussés par des subventions publiques opaques.
Le spectre d’un monopole privé derrière l’enseigne publique
Plus grave : des indiscrétions pointent un montage d’approvisionnement opaque. La CEAG serait financée et approvisionnée de manière quasi exclusive par un seul importateur privé.
Si ces allégations se confirment ,la structure ne serait pas un outil étatique de régulation des prix, mais le vecteur d’un monopole commercial déguisé en service public — avec, à la clé, des questions sérieuses sur la transparence des appels d’offres, l’égalité de traitement des fournisseurs et la souveraineté alimentaire du pays.
Ce que ce dossier exige
L’identité de l’entreprise incriminée pourrait fuiter dans les prochains jours. Quelle que soit la suite judiciaire ou médiatique, le gouvernement ne peut faire l’économie d’une réponse claire : qui approvisionne la CEAG, dans quelles conditions contractuelles, et selon quels critères de sélection ?
Tant que ces questions resteront sans réponse publique et vérifiable, la légitimité de la Centrale d’Achat sera fragilisée — et avec elle, la crédibilité de la politique gouvernementale de lutte contre la vie chère.



