DIG / Malgré les opérations de déguerpissement annoncées par la mairie de Libreville, l’occupation anarchique des trottoirs demeure une réalité persistante.
Ce constat interroge moins la fermeté des ultimatums que la capacité de la municipalité à faire respecter durablement ses propres décisions.
Une politique de réaction, pas de régulation
Dégager les trottoirs ne suffit pas si les contrôles ne suivent pas.
Sans surveillance régulière, les commerçants et autres occupants reviennent, parfois quelques jours après le passage des brigades.
L’opération risque alors de se réduire à un cycle coûteux de déguerpissements et de réinstallations.
Le problème est aussi structurel : l’occupation de l’espace public répond à des pratiques commerciales et à des besoins d’activité que la seule contrainte ne peut faire disparaître.
Sans organisation adaptée des espaces marchands, prévention et suivi, la répression traite les symptômes sans tarir leur source.
Le déficit de continuité municipale
Le véritable point faible de « Libérez les trottoirs » pourrait être moins l’absence d’autorité que le manque de continuité dans son exercice.
Une campagne ponctuelle ne remplace ni une politique de contrôle permanent ni une stratégie cohérente d’aménagement urbain.
Pour convaincre, la mairie doit démontrer des résultats mesurables : des trottoirs durablement libérés, des contrôles réguliers et des règles appliquées sans complaisance ni sélectivité. Faute de quoi, l’opération restera une annonce de fermeté sans transformation durable du paysage urbain.
À Libreville, libérer les trottoirs est une opération. Les garder libres est une obligation de gestion municipale.



