DIG / La remontée de la demande mondiale pour certains minerais stratégiques, notamment le manganèse, remet en lumière le potentiel du secteur minier gabonais.
Déjà acteur majeur du marché mondial, le Gabon dispose avec Moanda de l’un des principaux gisements de manganèse à haute teneur au monde, un avantage qui pourrait prendre davantage de valeur avec l’évolution des besoins de l’industrie sidérurgique et des technologies de transition énergétique.
Moanda, un actif stratégique
En 2025, la mine de Moanda a produit environ 7,1 millions de tonnes de minerai, soit près de 13 % de l’offre mondiale de manganèse.
Le gisement dispose, par ailleurs, de ressources estimées à 454 millions de tonnes, selon les données publiées par Eramet.
Cette position donne au Gabon un levier important dans un marché où le manganèse reste indispensable à la production d’acier.
Mais l’enjeu pour le pays dépasse désormais les seuls volumes extraits : il consiste à capter davantage de valeur ajoutée localement.
De l’extraction à la transformation
Le gouvernement gabonais pousse justement dans cette direction. En juillet 2026, un protocole d’accord avec Eramet prévoit notamment l’étude de la réfection du Complexe métallurgique de Moanda, avec une capacité pouvant atteindre 70 000 tonnes d’alliages de manganèse par an.
Un projet de nouvelle usine côtière, d’une capacité potentielle de 265 000 tonnes d’alliages par an, est également envisagé à l’horizon 2031, sous réserve des conditions énergétiques, logistiques et de l’investissement final.
Une opportunité pour l’économie gabonaise
Pour le Gabon, la hausse de la demande mondiale doit donc servir d’accélérateur à la transformation locale du manganèse.
L’objectif est de passer progressivement d’un modèle dominé par l’exportation du minerai à une chaîne de valeur intégrant davantage la métallurgie, l’industrie, la sous-traitance et les compétences locales.
Le véritable enjeu n’est ainsi plus seulement de produire davantage de manganèse, mais de transformer la position de premier plan du Gabon sur le marché mondial en davantage d’emplois, d’investissements et de valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Le dialogue engagé en 2026 entre l’État et Eramet-Comilog sur la transformation locale confirme que cette mutation est désormais au cœur de la stratégie minière gabonaise.



