Manganèse : Quels enjeux pour le Gabon en entrant au capital d’Eramet ?

DIG / En entrant officiellement au capital du groupe minier français Eramet, l’État gabonais opère un virage stratégique historique.

Longtemps cantonné au rôle d’actionnaire de la filiale locale (Comilog), Libreville franchit aujourd’hui les portes du conseil d’administration de la maison-mère à Paris. Un mouvement qui redéfinit les rapports de force entre le pays hôte et le géant industriel.

De l’observation à la décision

Jusqu’alors, les grandes orientations stratégiques concernant le manganèse gabonais se décidaient en France. En devenant actionnaire d’Eramet, le Gabon s’offre un siège à la table des décisions mondiales.

L’enjeu est de taille : avoir un droit de regard sur les investissements globaux du groupe et peser sur la répartition des bénéfices au-delà des frontières nationales.

Le pari de la transformation locale

C’est le cheval de bataille des autorités : arrêter l’exportation brute pour privilégier la transformation sur place.

Cette présence au capital d’Eramet est un levier puissant pour accélérer le développement d’usines de transformation au Gabon, créatrices de valeur ajoutée et d’emplois qualifiés pour la jeunesse gabonaise.

Une rente minière sécurisée

Dans un contexte de transition énergétique mondiale, le manganèse est devenu un métal critique pour la fabrication des batteries.

-Sécurisation : Le Gabon ne se contente plus des taxes locales, il captera désormais une part des dividendes globaux d’Eramet.

-Diversification : En profitant de la solidité d’un groupe diversifié (nickel, lithium), l’État protège ses revenus contre la volatilité des cours des matières premières.

Un modèle pour l’avenir ?

Cette opération envoie un message clair aux investisseurs internationaux : le Gabon veut des partenariats « gagnant-gagnant » où l’État est un acteur économique actif.

Ce modèle pourrait bien s’étendre prochainement à d’autres gisements majeurs, comme le fer de Belinga, plaçant le Gabon en leader de la souveraineté minérale en Afrique Centrale.

Pour l’exécutif, l’entrée au capital d’Eramet n’est pas seulement un placement financier, c’est l’affirmation d’un Gabon qui entend désormais piloter son destin industriel et s’assurer que chaque tonne de minerai extraite profite réellement au développement du pays.

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La Redaction

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