Gabon : L’Estuaire concentre 73% du tissu industriel national

DIG / Le dernier recensement des entreprises industrielles au Gabon révèle une concentration géographique et économique frappante.

Si le secteur se diversifie, il reste porté par une poignée d’acteurs localisés majoritairement dans la province de l’Estuaire.

En effet, l’analyse des chiffres clés de l’industrie permet de mieux comprendre la structure actuelle de l’économie nationale :

Une hégémonie géographique : 73%

 C’est le chiffre le plus marquant : 72,8% des entreprises industrielles du pays sont installées dans la province de l’Estuaire (Libreville, Akanda, Owendo et Nkok).

Cette concentration s’explique par la proximité des infrastructures portuaires et de la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok. L’Ogooué-Maritime suit loin derrière, malgré son poids historique dans le secteur pétrolier.

Le poids du chiffre d’affaires : 4 000 milliards

Le secteur industriel gabonais génère un chiffre d’affaires global avoisinant les 4 000 milliards de FCFA.

Toutefois, cette richesse est fortement polarisée : une minorité de grandes entreprises (moins de 10% du tissu industriel) génère plus de 80% de ce montant, illustrant la fragilité des petites et moyennes industries (PMI).

Emploi : Un moteur pour la main-d’œuvre locale

L’industrie représente environ 25 000 emplois directs déclarés. Le secteur du bois reste le premier employeur industriel privé, devant les industries extractives et agroalimentaires.

Le salaire moyen dans le secteur industriel est supérieur de 15% à la moyenne nationale, soulignant la valeur ajoutée de ces postes.

Répartition par secteur

-Industries extractives (Mines et Pétrole) : Elles pèsent pour plus de 60% de la valeur ajoutée industrielle totale.

-Transformation du bois : En forte croissance, elle représente désormais près de 12% de l’activité, portée par l’interdiction d’exportation des grumes.

-Agroalimentaire et Boissons : Un pilier stable qui assure environ 10% de la production industrielle.

Bien que le Gabon affiche une volonté de transformation locale, les chiffres montrent une dépendance persistante aux industries extractives et une hyper-concentration autour de la capitale.

Le défi des prochaines années sera de faire passer le taux de transformation locale au-delà du seuil actuel pour équilibrer la balance commerciale.

 

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La Redaction

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