DIG/ L’Archer, groupe congolais d’investissement et d’accompagnement financier fondé en 2021 par Gilles Tchamba, a annoncé le mercredi 26 août 2026, l’ouverture d’un bureau de représentation à Libreville.
Le groupe, structuré autour de deux filiales : L’Archer Securities pour l’intermédiation financière et L’Archer Asset Management pour la gestion de portefeuille, est actif au Gabon depuis janvier 2026 et revendique déjà plus de cinq opérations menées avec des acteurs publics et privés du pays.
La direction de cette nouvelle entité a été confiée à Rose Ogouebanja, qui affiche près de dix ans d’expérience dans la finance internationale.
Un quart du marché entre les mains d’un seul acteur
Cette implantation intervient alors que L’Archer affiche une position déjà dominante à l’échelle régionale.
Au premier trimestre 2026, sur les 638 transactions enregistrées sur la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), L’Archer Securities en a réalisé 181, soit plus de 28 % du total.
Sur 100 opérations effectuées à la BVMAC, près de 28 sont passées par cette seule société de bourse.
C’est comme si, sur un marché où opèrent plusieurs intermédiaires, un seul d’entre eux traitait plus d’une transaction sur quatre, un niveau de concentration qui, dans un marché plus mature et plus peuplé d’acteurs, attirerait immédiatement l’attention des régulateurs.
Une concentration qui reflète l’étroitesse du marché
Cette situation n’est pas tant le signe d’une domination agressive que celui d’un marché encore trop jeune et trop peu peuplé.
Née en 2019 de la fusion des anciennes bourses de Douala et Libreville, la BVMAC ne compte qu’un nombre restreint de sociétés de bourse capables de traiter de gros volumes. Résultat : la moindre montée en puissance d’un acteur, même récent, suffit à faire basculer une large part du marché de son côté.
L’Archer, créé il y a à peine cinq ans, en est l’illustration directe.
Un risque de dépendance à surveiller
Pour les États et entreprises qui cherchent à lever des capitaux dans la sous-région, cette concentration pose une question simple : que se passerait-il si cet acteur venait à réduire son activité ou à rencontrer des difficultés ?
Avec l’ouverture de son bureau gabonais et sa présence déjà établie à Brazzaville, Pointe-Noire et Malabo, L’Archer poursuit son expansion plutôt que de partager sa position.
Reste à savoir si les régulateurs, à commencer par la COSUMAF, chercheront à encourager l’arrivée de nouveaux acteurs pour rééquilibrer un marché encore très concentré.


