3,5 millions d’habitants en 2026 : Ce qu’il faut retenir du nouveau recensement de la population gabonaise

DIG / La Cour constitutionnelle a homologué, le jeudi 27 août 2026, les résultats définitifs du Recensement général de la population et des logements (RGPL).

Le Gabon compte officiellement 3 518 621 habitants, contre 1 811 079 lors du précédent exercice de 2013,  une progression de plus de 94 % en treize ans.

Mais le chiffre qui retient surtout l’attention est celui de la répartition territoriale : l’Estuaire concentre à elle seule 2 184 908 habitants, soit 62,1 % de la population nationale.

Un déséquilibre territorial acté noir sur blanc

Le reste du classement donne la mesure de l’écart. Le Haut-Ogooué arrive loin derrière avec 297 100 habitants (8,4 %), suivi de l’Ogooué-Maritime (292 652, soit 8,3 %) et du Woleu-Ntem (242 029, 6,9 %).

À l’autre bout du tableau, la Nyanga ferme la marche avec seulement 68 215 habitants, soit moins de 2 % de la population totale.

Autrement dit, l’Estuaire pèse à elle seule plus que les huit autres provinces réunies, un rapport de force démographique qui n’était jusqu’ici qu’estimé et que la Haute juridiction vient de graver dans les statistiques officielles.

Une homologation sous réserve d’insuffisances reconnues

La Cour constitutionnelle n’a pas validé ces chiffres sans réserves. Elle a relevé que plusieurs zones enclavées n’avaient pas été entièrement couvertes par les agents recenseurs, faute de moyens de transport adaptés et en raison de l’état de certaines voies d’accès.

Elle a également pointé une anomalie méthodologique dans le département de Ndougou (Ogooué-Maritime), où les habitants ont été dénombrés par des équipes rattachées à la Nyanga voisine, une situation que le gouvernement a justifiée par des contraintes d’accessibilité, sans que cela remette en cause l’homologation du chiffre national.

Ce que cela signifie pour l’action publique

Au-delà de la photographie démographique, ces données vont désormais servir de socle aux politiques publiques : répartition des investissements, planification des écoles, structures sanitaires, logements et transports.

Elles serviront aussi de référence pour le redécoupage électoral annoncé par le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, un exercice où le poids de l’Estuaire, avec près de deux tiers de la population nationale, pèsera nécessairement lourd dans la nouvelle carte des circonscriptions.

Une donnée qui interroge plus qu’elle ne rassure

Le doublement quasi mécanique de la population recensée en treize ans mérite d’être lu avec prudence : il reflète autant une meilleure couverture territoriale (97 % contre une base bien plus incomplète en 2013) qu’une croissance démographique réelle.

Ce qui est acquis, en revanche, c’est la confirmation chiffrée d’un Gabon à une seule vitesse : un pays où six habitants sur dix vivent dans une unique province, pendant que les huit autres se partagent le reste d’un territoire immense et largement désert.

Les autorités gabonaises devront désormais démontrer que ce constat statistique se traduit en politiques de rééquilibrage, et non en simple validation d’un déséquilibre déjà installé.



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La Redaction

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