Marchés publics : La préférence nationale ne suffit pas sans la rigueur

DIG / Depuis octobre 2023, le gouvernement gabonais réserve l’attribution des marchés publics de moins de 150 millions de FCFA aux seules entreprises gabonaises.

Une mesure de discrimination positive ambitieuse, destinée à faire émerger des champions économiques locaux. Mais sur le terrain, le bilan est plus nuancé.

Une opportunité gâchée par des faiblesses structurelles

Le constat est sévère : nombreuses sont les PME gabonaises qui peinent à honorer leurs contrats.

Les lacunes techniques conduisent au non-respect des cahiers des charges, les difficultés d’accès au financement bancaire empêchent d’avancer les fonds nécessaires au démarrage des chantiers, et les retards de livraison sont devenus quasi systématiques.

Résultat : des surcoûts pour les caisses de l’État et des infrastructures publiques livrées hors délai aux citoyens.

Un contrôle étatique longtemps insuffisant

Pour l’analyste politique et juriste Harold Nguema, relayé par Gabon 24, la racine du problème est là : les mécanismes de suivi-évaluation n’ont pas toujours produit de rapports objectifs, alimentant un sentiment d’impunité.

Le Code des marchés publics prévoit pourtant des sanctions claires — administratives, financières et judiciaires —, allant jusqu’au retrait d’agrément et à l’interdiction de soumissionner.

Des dispositions restées trop souvent lettre morte.

La double exigence qui conditionne le succès

La préférence nationale ne peut porter ses fruits qu’à deux conditions : renforcer les capacités des PME locales par la formation et l’accès au crédit, et exercer un contrôle intransigeant sur l’exécution des chantiers.

L’accès à la commande publique doit se mériter par la compétence — pas seulement par la nationalité.

 

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La Redaction

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