Mise en fourrière : Quand Eugène Mba jongle entre ordre urbain et pression financière

DIG / À Libreville, la mise en fourrière change d’échelle et pose une question plus économique que sécuritaire : peut-on durcir la sanction lorsque l’offre de stationnement reste insuffisante ?

Entre véhicules immobilisés, frais de remorquage et de gardiennage, la politique municipale risque d’être perçue comme une nouvelle ponction sur les automobilistes si elle n’est pas accompagnée d’une véritable politique d’aménagement.

Sanctionner devient plus facile qu’aménager

La mairie veut désengorger ses parcs et récupérer les véhicules abandonnés ou non réclamés.

Sur le principe, difficile de contester la nécessité de faire respecter l’espace public.

Mais le problème est ailleurs : Libreville manque de solutions alternatives.

Dans plusieurs zones, l’automobiliste confronté au manque de parkings doit arbitrer entre stationnement irrégulier et éloignement des zones d’activité.

La fourrière peut donc régler le symptôme sans traiter la cause.

Une facture qui pèse sur les ménages

Enlèvement, remorquage, gardiennage : chaque immobilisation génère un coût pour le propriétaire.

À grande échelle, la fourrière devient ainsi un dispositif qui produit des recettes tout en faisant supporter aux ménages le coût d’un déficit d’aménagement urbain.

C’est précisément là que naît le sentiment de pression fiscale déguisée : lorsque la sanction financière progresse plus vite que l’offre de stationnement.

Le vrai test pour la mairie

L’enjeu n’est pas de choisir entre ordre et tolérance. Il est de savoir si la municipalité construit les conditions matérielles de l’ordre qu’elle exige.

Parkings, signalisation, zones clairement interdites ou autorisées, tarification transparente : sans ces outils, les opérations de fourrière risquent de devenir cycliques.

À Libreville, le véritable indicateur ne sera donc pas le nombre de véhicules enlevés, mais la capacité de la mairie à réduire durablement le désordre du stationnement.

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La Redaction

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