DIG / Invité d’Africa 24, le 23 juillet 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé qu’aucun programme ne sera signé avec le Fonds monétaire international sans un audit préalable de la dette du Gabon.
« Je ne veux pas aller dans un programme avec le FMI où il n’y a pas d’audit », a-t-il déclaré, précisant que c’est lui-même qui a demandé cette vérification.
Cet audit, engagé le 17 juin 2026, porte sur un encours alors évalué à environ 8 700 milliards de FCFA, soit près de 70 % à 74 % du PIB à fin mars 2026.
Trois montants différents en l’espace de quelques années
Le chef de l’État a révélé que le montant officiel de la dette gabonaise a varié à plusieurs reprises depuis le début de son mandat.
« Quel est le vrai montant de cette dette ? Je veux savoir en tant que chef d’État », a-t-il lancé.
Les chiffres disponibles corroborent cette instabilité : l’encours global est passé de 7 133 milliards de FCFA fin 2024 à 8 606,6 milliards de FCFA à fin octobre 2025, soit une hausse de 1 473 milliards en dix mois, avant d’atteindre 8 780,337 milliards de FCFA (environ 15 milliards de dollars) à fin décembre 2025.
À cette divergence s’ajoute un écart méthodologique avec les bailleurs : un ratio de 63 % du PIB est avancé par Libreville, contre 72,5 % pour 2024 selon les partenaires financiers.
Un service de la dette qui absorbe le quart des recettes
Cette incertitude sur le stock de la dette pèse directement sur le budget. Le projet de loi de finances 2026 prévoit d’allouer 1 050 milliards de FCFA au service de la dette, un montant qui représentait 42,6 % des recettes publiques en 2024, que le gouvernement ambitionne de ramener à 24,2 % cette année.
Le collectif budgétaire adopté début juillet 2026 a, d’ailleurs, réaffecté plus de 1 300 milliards de FCFA à l’amortissement de la dette, réduisant d’autant la marge pour l’investissement public.
Un comité dédié et un audit comme préalable à la crédibilité
Pour encadrer cette trajectoire, un Comité national de la dette publique a été créé fin avril 2026, afin d’examiner l’exécution des projets financés et les manquements contractuels observés entre 2016 et 2023.
« Je suis en phase de travailler avec le FMI, en toute transparence », a conclu Oligui Nguema, qui lie désormais toute nouvelle signature à la clarification définitive du montant réel de la dette gabonaise.



