Nyanga : Que risquent les 20 entreprises convoquées par Immongault ?

DIG/ La convocation, ce 3 septembre 2026, des 20 entreprises adjudicataires des projets de la Nyanga par le Vice-président du gouvernement Hermann Immongault prend une tout autre dimension à la lumière du contexte récent.

Cette réunion intervient un peu moins d’un mois après les révélations faites par Jonathan Ignoumba, ancien ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche et coordinateur politique provincial, qui avait publiquement admis, dans un entretien accordé au journal L’Union, l’absence de toute procédure d’appel d’offres formelle dans la gestion des 7 milliards de FCFA alloués à la province lors des festivités du 30 août 2025.

Un fonds sans cadre, des chantiers sous surveillance

Selon les explications données par l’ancien ministre, l’enveloppe avait été répartie entre les six départements de la province, Tchibanga recevant la part la plus importante avec 1,5 milliard de FCFA, suivie de dotations allant de 200 millions à un milliard de FCFA pour les autres circonscriptions sur la base de décisions prises directement par des comités locaux, sans mise en concurrence des entreprises retenues.

Ignoumba avait lui-même reconnu que les marchés avaient été conclus de gré à gré entre ces comités départementaux et des sociétés locales, qualifiant l’enveloppe de fonds  » de charme » plutôt que de dispositif d’investissement classique.

Des remontées de terrain publiées par la suite ont fait état de plusieurs chantiers inachevés ou de conformité douteuse, alimentant les accusations de malversation auxquelles l’intéressé a dû répondre publiquement.

Une convocation qui ressemble à un rattrapage

C’est dans ce climat de suspicion que la convocation des vingt entreprises par Hermann Immongault prend tout son sens.

Elle intervient moins comme une simple étape de suivi administratif que comme une tentative de reprise en main institutionnelle d’un dossier dont la gestion informelle a été publiquement exposée par son principal artisan.

Le passage d’un mécanisme de gré à gré, piloté par des comités locaux sans cadre contractuel clair, à une convocation centralisée par la vice-présidence du gouvernement traduit une volonté d’imposer, a posteriori, une traçabilité que le dispositif initial ne comportait pas.

La régularisation ne suffira pas à elle seule

Reste que rattraper administrativement des marchés déjà attribués sans appel d’offres pose ses propres limites : les entreprises désormais convoquées ont pour la plupart déjà été choisies, financées et parfois payées avant tout contrôle formel.

La véritable épreuve pour les autorités gabonaises ne sera donc pas seulement de vérifier l’état d’avancement des chantiers, mais de démontrer qu’un dispositif conçu dans l’urgence politique peut encore être discipliné une fois les soupçons de mauvaise gestion rendus publics.

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La Redaction

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