Or gabonais : Entre relance affichée et zones d’ombre budgétaires

DIG / Le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a levé le 7 septembre 2026, la suspension de l’exploitation aurifère sur l’ensemble du territoire national lors d’une visite à la Raffinerie gabonaise de l’or (RGO), à Nkok.

Cette décision fait suite à un recensement national des opérateurs (novembre 2025) et à des audits interne et externe (cabinet Talex).

Une convention d’exploitation portant sur les mines de Baniaka et de Koumba (160 km², Ngounié) a été signée avec la Société équatoriale des mines (SEM).

Les chiffres de la filière

Selon la BEAC, les exportations d’or gabonais ont progressé de 183,7 % en 2024, atteignant 103,7 millions d’euros et devenant le 4e produit d’exportation du pays.

Ce rebond suit un basculement structurel : les exportations d’or brut sont tombées de 43,9 à 8,5 milliards de FCFA entre 2022 et 2023 (-80,7 %), la RGO ayant redirigé le flux vers le raffinage local.

Sa capacité de traitement est de 7 à 10 tonnes d’or par an, contre une production nationale estimée à 2 tonnes au moment de son inauguration.

Sur le plan fiscal, la LFR 2026 a réduit l’impôt sur les sociétés minières de 53,2 à 1,47 milliard de FCFA (-97 %), le droit de sortie sur les minerais de 44 à 17,6 milliards, et les participations de l’État dans ces sociétés de 29 à 14,8 milliards.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Ces données fiscales portent sur l’ensemble du secteur minier, dominé par le manganèse : aucune n’isole la contribution spécifique de l’or.

Ni le recensement, ni les audits évoqués par le ministre n’ont donné lieu à une publication chiffrée sur le manque à gagner fiscal de la période de suspension, ni sur les recettes attendues de la reprise.

L’écart entre la capacité de la RGO et la production nationale reste également sans explication publique : hausse de la production formelle, régularisation de l’or artisanal, ou approvisionnement régional restent trois hypothèses également plausibles.

Une réforme aux résultats fiscaux à démontrer

La levée de la suspension s’accompagne d’un discours sur la souveraineté et la valorisation locale, mais intervient alors que la fiscalité minière gabonaise a déjà connu, sur d’autres segments, des révisions budgétaires majeures peu expliquées publiquement.

Sans données consolidées sur la production, les recettes fiscales et les volumes traités par la RGO spécifiquement pour l’or, l’ambition affichée à Nkok restera difficile à distinguer d’un exercice de communication.

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La Redaction

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