DIG / Suite à la décision radicale du gouvernement gabonais de suspendre provisoirement l’exploitation aurifère à petite échelle, le paysage minier national s’apprête à connaître une mutation profonde.
En écartant les exploitants irréguliers et les orpailleurs clandestins, le secteur se resserre désormais autour de deux piliers incontournables.
Les géants industriels, seuls maîtres du terrain
Le coup de balai administratif ciblant la « petite mine » épargne logiquement les compagnies minières opérant à grande échelle.
Des acteurs majeurs tels qu’Alpha Centauri Mining ou Ressources Golden Gram Gabon (REGG) se retrouvent aujourd’hui sans la concurrence (souvent déloyale et illégale) des réseaux clandestins.
Opérant dans un cadre légal strict et disposant d’équipements lourds, ces géants industriels voient leur position et leur sécurité confortées sur le terrain.
Le grand retour de l’État stratège
Au-delà des entreprises privées, c’est l’État gabonais qui réaffirme sa souveraineté absolue sur son sous-sol.
En chassant les réseaux mafieux, le gouvernement remet de l’ordre par le biais de la Société Équatoriale des Mines (SEM).
En tant que bras armé de l’État, la SEM a désormais le champ libre pour :
-Reprendre le contrôle de la filière : Structurer une exploitation aurifère responsable et respectueuse de l’environnement.
-Centraliser l’achat d’or : Éviter la fuite des capitaux liée à la contrebande.
-Générer des revenus officiels : S’assurer que les richesses extraites profitent réellement à l’économie nationale.
En conclusion, en fermant la porte à l’informel et à la clandestinité, le Gabon tourne une page de son histoire minière. Le pays fait le pari d’une industrie aurifère élitiste, hautement structurée, partagée entre des opérateurs industriels de pointe et un État résolument souverain.



