Pêche au Gabon : Un potentiel maritime qui se noie dans la mauvaise gouvernance

DIG / Le Gabon occupe la première place du classement industriel en Afrique centrale selon la Banque africaine de développement (BAD), devançant la Guinée équatoriale et le Cameroun.

Un leadership bâti sur le pétrole, le manganèse et le bois, qui pèsent entre 53 % et 63 % du PIB.

Pendant ce temps, un secteur à fort potentiel de diversification végète dans l’angle mort de l’économie nationale : La pêche.

En effet, avec 850 kilomètres de littoral maritime, 20 000 km² de bassins naturels propices à l’aquaculture et une biomasse très diversifiée, le Gabon dispose pourtant de tous les atouts pour faire de ce secteur un pilier économique réel.

Mais à ce jour, la pêche ne contribue qu’à hauteur de 1,5 % au PIB national, quand le potentiel halieutique exploitable est évalué à 160 000 tonnes.

Un plan quinquennal ambitieux visait à porter cette contribution à 15 % du PIB et à représenter 30 % des emplois nationaux, des objectifs restés lettre morte.

GabPêche, le programme qui tangue

Lancé en 2025 pour dynamiser la pêche artisanale, GabPêche traverse aujourd’hui une crise de gouvernance majeure.

Défaillances de gestion, problèmes financiers, irrégularités contractuelles dénoncées par plusieurs coopératives de pêcheurs : le bilan est lourd pour un programme censé structurer la filière.

La situation a contraint le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, à exiger un plan de redressement urgent.

En interne, les tensions sont vives entre coopératives qui dénoncent des abus et celles qui soutiennent les mesures correctives du ministère.

Le paradoxe du leader industriel

Tant que la gouvernance des programmes sectoriels restera aussi défaillante, et que l’État n’investira pas sérieusement dans la formation, les équipements et le contrôle des eaux territoriales, la pêche gabonaise restera ce qu’elle est depuis des décennies : une promesse jamais tenue.

 

 

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La Redaction

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