DIG / Le Chef de l’État Brice Clotaire Oligui a convoqué, le 20 mai 2026, l’ensemble des directeurs généraux et les responsables financiers de chaque administration gabonaise.
Cette réunion avait pour but de prendre des mesures pour mieux réguler le secteur de la parafiscalité qui connait d’énormes difficultés.
Cependant ce type de rappel à l’ordre n’est pas inconnu de l’administration fiscale gabonaise.
Ras-le-bol
Alors que le pays traverse une période de refondation institutionnelle inédite, que les discours sur la bonne gouvernance et la modernisation de l’État rythment chaque prise de parole officielle, le phénomène est encore suffisamment vivace pour qu’Oligui Nguema juge nécessaire de remettre le couvert.
AGASA, AGANOR, DGCC, Direction du Commerce, IHPA, Circulation routière, Élevage, Environnement, Forêts, Industries, dix administrations convoquées par le Chef de l’État.
Si le Président de la République réunit en urgence ces dix directeurs généraux, c’est que le phénomène n’a pas reculé, il s’est adapté.
Prélèvements excessifs sur les opérateurs économiques, recettes qui n’atteignent jamais le Trésor, services qui se superposent sans coordination : les maux sont identiques à ceux documentés depuis des années. La rupture proclamée n’a pas suffi à les éradiquer.
Un avertissement de plus ?
Et pourtant, les mesures annoncées sont pourtant les plus structurelles à ce jour : centralisation au Trésor, suppression des doublons, guichet unique de contrôle, ancrage dans la loi de finances, digitalisation des paiements.
Sur le papier, le dispositif ferme les brèches une à une. Mais c’est précisément sur le papier que les réformes précédentes avaient aussi semblé convaincantes.
La vraie question n’est donc pas dans le contenu de ces mesures, elle est dans leur application.
Le nouveau pouvoir a-t-il les moyens, et surtout la volonté politique, de discipliner des administrations enkystées dans des logiques de rente héritées de plusieurs décennies ?
C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que cette réunion sera autre chose qu’un communiqué de plus.



