DIG / À trois mois de l’entrée en vigueur de l’interdiction d’importation de poulet de chair, prévue au 1er janvier 2027, le Gabon se retrouve confronté à une contestation américaine devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
En effet, Washington rappelle que les interdictions d’importation ne sont généralement pas autorisées, poussant Libreville à justifier sa mesure par des exceptions prévues par les accords internationaux.
SI aucun compromis n »est trouvé, l’administration Trump pourrait, indique t-on, porté l’affaire devant le mécanisme de règlement des différents de l »OMC.
Ce qui pourrait mener à des sanctions commerciales où à des mesures de rétorsion autorisées.
Une mesure assumée, un risque commercial réel
Le gouvernement doit désormais construire une stratégie fondée sur les exceptions prévues par les règles de l’OMC et sur la négociation diplomatique afin d’éviter un contentieux commercial très couteux.
Fortes dépendances
Actuellement, le marché gabonais dépend fortement des importations pour couvrir sa demande, avec l’Union européenne et le Brésil en tête des fournisseurs.
Ces dernières années, la Russie a également fait une percée significative, s‘imposant parmi les cinq principaux exportateurs de volaille vers le pays, tandis que les États-Unis complètent cet approvisionnement régulier.
Selon les données officielles, le Gabon dépend à 95 % de l’étranger pour ses approvisionnements en volaille estimés à près de 85 0000 tonnes par an alors que la production locale n’est que de… 4000 tonnes par an, selon les données du ministère de l’Agriculture.
Une facture qui se chiffre à environ 65 milliards de FCFA par an. Soit une moyenne de 5,5 milliards de FCFA par mois.
Une manne financière considérable que ses principaux fournisseurs ne sont pas prêts à abandonner.
Une entente entre ces 5 principaux pourvoyeurs sous l’égide des Etats-Unis n’est donc pas à exclure, préviennent des observateurs avisés.
Le Gabon prêt à reculer ?
Interrogé par le quotidien L’union sur le maintien de l’interdiction d’importation du poulet de chair prévue pour le 1er janvier 2027, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait réaffirmé sa volonté de transformer le modèle alimentaire gabonais, tout en posant des conditions strictes à la réussite de ce projet.
Selon le président gabonais, l’échéance de 2027 reste l’objectif, mais elle ne sera pas appliquée au détriment du panier de la ménagère.
En effet, ce dernier est clair : l’interdiction est conditionnée par la capacité de l’offre locale.
L’idée n’est pas de provoquer une rupture de stock ou une inflation des prix, mais de substituer progressivement les importations par une production « Made in Gabon » compétitive, avait souligné le Chef de l’Etat.



