Projet PIAEPAL : 77 milliards de FCFA dans l’eau ! l’aveu d’échec d’Oligui Nguéma

DIG / 77 milliards de FCFA empruntés à la Banque Africaine de Développement, 300 kilomètres de canalisations, un château d’eau à Ntoum, une station de pompage au PK5.

Le PIAEPAL devait desservir 300 000 personnes supplémentaires à Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum.

Sur le papier, c’était la promesse d’une rupture historique avec des décennies de pénurie hydrique dans les quartiers populaires de la capitale, aujourd’hui, il n y a toujours pas d’eaux, du moins pas partout.

Des résultats aussi secs que les robinets

Les Gabonais avaient presque fini par oublier l’existence même du PIAEPAL.

Ce qui, en soi, en dit long sur la visibilité des résultats. Derrière les travaux spectaculaires se cachait une réalité moins reluisante : des équipements volés sur les chantiers, des travaux jamais véritablement achevés, une SEEG épuisée et structurellement dépassée par l’ampleur de la mission.

L’aveu du président devant le Congrès

Le président Oligui Nguema a lui-même mis les mots définitifs sur ce que beaucoup soupçonnaient déjà.

Le 15 juin 2026, devant le Parlement réuni en Congrès, il a déclaré sans détour : « Le modèle a atteint ses limites. C’est un échec. »

Une formule rare dans la bouche d’un chef d’État gabonais. Reconnaître publiquement l’échec d’un programme financé par emprunt multilatéral, c’est pointer simultanément la responsabilité de l’État, celle de l’opérateur, et celle d’un modèle de gestion déléguée qui n’a pas résisté à l’épreuve du terrain.

Réforme annoncée : rupture ou replâtrage ?

En réponse, le président a annoncé une séparation de la gestion de l’eau et de l’électricité au sein de la SEEG, présentée comme le socle d’un « nouveau départ ».

Mais la question que beaucoup de Gabonais se posent est simple : Pourquoi ce que 77 milliards n’ont pas suffi à accomplir réussirait-il avec une simple réorganisation administrative ?

La refonte institutionnelle est nécessaire, mais elle ne suffira pas si les maux profonds : gouvernance des chantiers, sécurisation des équipements, capacité opérationnelle de l’opérateur, ne sont pas traités frontalement.

La réforme annoncée sera jugée à l’aune d’un seul critère, le robinet.

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La Redaction

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