Protocole de Paris sur la transformation locale du manganèse : Le regard très critique de l’expert camerounais Dr. Bareja Youmssi

DIG / Le 20 juillet 2026 à Paris, le Gabon et Eramet ont signé un protocole d’accord sur la transformation locale du manganèse.

Libreville le présente comme une avancée souveraine. Dans une tribune libre publiée le 23 juillet 2026, le Dr Bareja Youmssi, expert en mines et pétrole, a estimé que c’est une capitulation.

Un accord minimaliste aux conditions strictes

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’accord prévoit la transformation de 700 000 tonnes de minerai par an d’ici 2031 — soit moins de 8 % de la production annuelle de Comilog.

Le reste des engagements est conditionnel à la disponibilité de l’énergie, à la modernisation du Transgabonais et à la mobilisation des financements.

En clair : le Gabon obtient des promesses, Eramet obtient du temps — et l’exportation du manganèse brut continuera au-delà de 2029.

La partition stratégique et maîtrisée d’Eramet

Selon l’expert camerounais, Eramet a joué une partition maîtrisée : multiplications des incidents sur le Transgabonais — géré par sa propre filiale Setrag, entraînant une chute de production de 20 % au premier trimestre 2024 —, entrée du Gabon dans l’actionnariat du groupe, et lobbying appuyé du gouvernement français.

Résultat : le groupe a ramené Libreville à l’évidence tout en lui faisant miroiter des perspectives industrielles.

L’énergie, le véritable écueil de la souveraineté

L’obstacle central reste l’énergie. La métallurgie du manganèse est extrêmement énergivore, et le barrage de Booué (400 MW), seul capable d’alimenter une industrie lourde, n’est pas encore construit.

Promettre l’interdiction des exportations brutes en 2029 sans avoir sécurisé ces conditions préalables n’était pas de la souveraineté — c’était de la communication.

Le véritable défi : s’attaquer enfin aux chantiers structurels

La vraie question n’est pas de savoir si Eramet a fait plier le Gabon. C’est de savoir si ce protocole servira enfin de déclencheur pour traiter en urgence les vrais chantiers : énergie, logistique, formation.

Sans cela, 2031 ressemblera à 2029.

Lire la tribune du Dr Bareja Youmssi : https://datacameroon.com/transformation-locale-du-manganese-la-france-et-le-groupe-eramet-font-plier-le-gabon/

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La Redaction

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