DIG/ Invité d’Africa 24 le 23 juillet 2026, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a révélé avoir instruit le Trésor public de suspendre le paiement des échéances liées au Projet intégré d’alimentation en eau potable de Libreville (PIAEPAL), tant que le robinet ne coule pas.
« Nous n’allons pas payer pour rien. On paye pour ce qui a été réalisé », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’État gabonais a déjà versé 150 milliards de francs CFA aux bailleurs- notamment la Banque africaine de développement qui cofinance ce projet avec l’Etat gabonais- pour ce chantier, sans que l’eau n’arrive dans les ménages de la capitale.
Un même projet payé deux fois
Le chef de l’État a précisé que face à cet échec, l’État s’est de nouveau engagé, cette fois avec le groupe Suez, à hauteur de 120 milliards de francs CFA, pour tenter de résoudre le même problème d’accès à l’eau.
« Donc nous payons deux fois la même chose », a-t-il résumé. Au total, ce sont donc 270 milliards de francs CFA mobilisés sur un même objectif non atteint.
Il a également cité la route Ndendé-Doussala (32 km), financée par les mêmes institutions et toujours inachevée malgré les échéances honorées.
Un audit préalable à tout programme avec le FMI
Le président a conditionné la conclusion d’un programme avec le FMI à un audit complet de la dette gabonaise.
« Je veux savoir sur quoi je signe, sur ce que je dois », a-t-il expliqué, évoquant trois montants différents communiqués à des moments différents.
Des cabinets d’audit travaillent actuellement à Libreville pour établir le montant exact de l’engagement de l’État, avant toute signature avec l’institution de Washington.
Une position assumée face aux agences de notation
Interrogé sur la dégradation des notations souveraines du Gabon, Oligui Nguema a opposé la logique des agences à celle des populations : « Est-ce que le peuple vit des notations ? Est-ce que le peuple mange les notations ? ».
Il a appelé les bailleurs à revenir autour de la table des négociations pour expliquer l’échec du PIAEPAL avant toute reprise des paiements.



