DIG / L’annonce d’Adrien Nguema Mba le 29 juin 2026 s’inscrit dans une longue litanie de promesses ministérielles contre le racket policier, un mal endémique que les usagers du Grand Libreville dénoncent depuis des années sans amélioration tangible.
La tolérance zéro affichée et la menace de qualifier le laxisme hiérarchique de « complicité » traduisent une volonté de responsabiliser enfin les chefs de corps, longtemps soupçonnés de fermer les yeux sur les pratiques de leurs éléments.
Reste que ce type d’injonction a déjà été formulé par le passé sans effet durable, ce qui interroge sur la capacité réelle du ministère à transformer un discours en mécanisme de sanction effectif.
Une réorganisation aux contours encore flous
Le retrait annoncé des « composantes non autorisées ou superflues » du terrain, au profit des seules compagnies structurées et reconnues, pose une question centrale : qui décidera de cette légitimité, et selon quels critères vérifiables ?
Sans publication de critères objectifs ni calendrier précis de mise en œuvre, cette mesure risque de rester une déclaration d’intention plutôt qu’une réforme opérationnelle.
La référence à la loi de Programmation sécuritaire 2026-2030 donne un cadre légal à l’ambition, mais l’absence de détails sur les moyens de contrôle effectif sur le terrain laisse planer le doute sur l’application concrète de ce tri annoncé.
Une délinquance juvénile qui dépasse le seul cadre répressif
Le constat dressé par la hiérarchie policière sur la montée de la criminalité en milieu scolaire, liée à la consommation de stupéfiants, révèle un phénomène que la seule réorganisation des patrouilles ne suffira pas à endiguer.
Le besoin pressant en moyens humains et logistiques exprimé par les commissaires souligne un sous-dimensionnement chronique des effectifs face à des formes de délinquance en mutation.
Cette problématique appelle une réponse interministérielle articulant santé publique, éducation et sécurité, plutôt qu’une réponse strictement policière, sous peine de traiter les symptômes sans s’attaquer aux causes.
Le test de la crédibilité se jouera dans la durée
Les inspections générales et techniques sont sommées de multiplier les contrôles internes, un signal qui, pour être crédible, devra se traduire par des sanctions visibles et communiquées publiquement.
À défaut, ce rappel à l’ordre rejoindra la liste des annonces sécuritaires sans suite concrète, alimentant la défiance des usagers envers une institution déjà fragilisée par des années de pratiques rackettières tolérées.
La véritable mesure du succès de cette initiative se lira dans les mois à venir, à l’aune du nombre de sanctions effectivement prononcées et de la baisse perceptible du racket sur les axes du Grand Libreville.



