DIG / La rentrée scolaire 2026-2027 est officiellement lancée ce 07 septembre sur l’ensemble du territoire gabonais.
Les élèves reprennent le chemin des classes, les enseignants regagnent leurs salles.
Mais dans les couloirs du ministère de l’Éducation nationale, une question plane, discrète et gênante : que sont devenus les présumés coupables du réseau de surfacturation de plus de 560 millions de francs CFA démantelé il y a quelques mois ?
L’affaire qui avait secoué toute une administration semble aujourd’hui rangée dans un tiroir.
L’enquête : à quel stade en est-on vraiment ?
20 agents de la Direction Centrale des Affaires Financières avaient été interpellés par la police judiciaire.
Ils devaient être présentés au parquet dans les jours suivant leur arrestation. Depuis, plus rien.
Aucun communiqué du parquet, aucune information officielle sur l’état d’avancement de l’instruction.
L’enquête est-elle toujours active ? A-t-elle été classée sans suite ? Se poursuit-elle dans la discrétion totale ?
Les autorités gabonaises n’ont, à ce jour, fourni aucune réponse publique à ces questions pourtant légitimes.
Qui est coupable ? La question reste entière
Les agents interpellés avaient, dans leurs dépositions, mis en cause leur hiérarchie directe, affirmant n’avoir été que des exécutants.
Surtout, ils avaient explicitement désigné la ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq comme ordonnateur de l’ensemble des opérations financières incriminées, documentation à l’appui.
Or la ministre est toujours en poste. Aucune mise en examen, aucune audition rendue publique, aucune sanction administrative connue. Entre les billeteurs interpellés et la chaîne de commandement visée, la vérité judiciaire tarde à se dessiner.
Le silence comme mauvaise gouvernance
Dans un État qui se réclame de la refondation institutionnelle, laisser une affaire de cette ampleur se dissoudre dans l’indifférence envoie un signal désastreux.
Les enseignants qui ont fait grève pour dénoncer les dysfonctionnements du système, les parents qui attendent que les fonds publics soient correctement gérés, les citoyens qui espèrent une rupture avec les pratiques d’impunité, tous méritent une réponse.
Le silence radio qui entoure ce dossier n’est pas une posture neutre : c’est en lui-même un choix politique. Et un choix qui interroge.



