DIG / Alors que l’année scolaire 2026-2027 vient de démarrer, l’écart entre les établissements privés aux tarifs prohibitifs et une école publique sinistrée n’a jamais été aussi criant.
Une fracture qui consacre une véritable ségrégation sociale au Gabon.
Le privé, une bulle d’excellence à prix d’or
Dans les établissements de Libreville, l’excellence a un prix, et il est exorbitant.
En cette rentrée 2026, scolariser un collégien gabonais coûte jusqu’à 10 millions de FCFA de CFA, droits d’entrée inclus à l’École Ruban Vert.
Même les établissements privés de milieu de gamme, réputés plus accessibles, imposent de lourdes charges aux familles, notamment lors de l’année du Brevet où les tarifs s’envolent.
La scolarité varie entre 200 et 300 000 par mois, voire plus.
Pour ce prix, une minorité s’offre des effectifs réduits, des locaux climatisés et l’assurance d’un cursus sanctuarisé.
Le public miné par la vétusté
Mais à l’autre bout du spectre éducatif, la réalité de l’enseignement public gabonais dépeint une tout autre urgence.
Dans de nombreux collèges et lycées d’État de la capitale, le décor est alarmant.
L’école quasi gratuite, propose aux élèves des bâtiments dégradés par l’humidité, des plafonds éventrés, sanitaires insalubres et privés d’eau courante.
Salles surpeuplées et pénurie d’équipements
A la vétusté des murs, il faut ajouter une surpopulation qui asphyxie le système.
Conçus pour accueillir un millier de jeunes, certains établissements en entassent aujourd’hui le triple.
Dans plusieurs CES, il n’est pas rare de compter plus de 80 élèves par classe.
La pénurie chronique de tables-bancs oblige encore des dizaines d’adolescents à s’entasser à trois sur des sièges prévus pour deux, quand ils ne sont pas contraints de suivre les cours debout.
Un ascenseur social en panne
Ce grand écart éducatif ne relève plus de la simple différence de moyens ; il fige la société gabonaise.
D’un côté, un marché privé florissant qui capitalise sur les carences de l’État. De l’autre, une école publique qui peine à assurer le minimum vital et ne parvient plus à jouer son rôle d’ascenseur social.
À l’heure où le pays tente de se reconstruire, cette éducation à deux vitesses constitue une bombe à retardement pour l’égalité des chances sur le futur marché de l’emploi.



