DIG / Le compte à rebours est enclenché pour l’une des réformes les plus attendues du secteur énergétique gabonais.
Réunissant représentants des établissements bancaires et cadres du ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, le ministre Philippe Tonangoye a détaillé l’avancée du dossier de scission de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), vieille de 76 ans.
« À partir du mois de juin 2026, ça faisait un an que de manière confinée, de manière discrète, un comité en interne au sein de la SEEG a commencé à travailler pour préparer les actes de cette scission. Nous arrivons en bout de piste, nous arrivons à trois mois de cette échéance », a-t-il déclaré, avant d’appeler l’ensemble des partenaires à s’associer aux négociations à venir.
Un passif de 150 milliards de FCFA, une entreprise exsangue
Derrière l’annonce institutionnelle, les chiffres donnent la mesure de l’urgence. La dette de la SEEG est évaluée à près de 150 milliards de FCFA, un niveau que le ministre lui-même avait déjà pointé en février dernier en l’attribuant à des problèmes de gouvernance.
Lors du conseil d’administration du 31 juillet 2026, Philippe Tonangoye avait également fait état d’une perte nette de 45,6 milliards de FCFA, de charges financières multipliées par quatorze en l’espace de quelques années, et d’un chiffre d’affaires resté pratiquement stagnant entre 2020 et 2023.
Un tableau qui traduit en comptabilité une crise de trésorerie connue de longue date : fournisseurs impayés, infrastructures fragilisées, qualité de service régulièrement contestée.
Deux entités dès 2027, une dette qui ne suit pas
Le schéma retenu prévoit la disparition de la SEEG sous sa forme actuelle au 1er janvier 2027, au profit de deux structures distinctes : la Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon.
Le gouvernement assure que ce passif de 150 milliards de FCFA ne sera pas transféré aux deux futures sociétés, mais pris en charge par l’État.
Du côté des banques créancières, le message a été entendu avec soulagement.
« Lors de l’annonce du gouvernement de la scission des deux entités, la corporation était très inquiète notamment au sujet de la dette.
Donc le ministre nous a fait un exposé de la stratégie du gouvernement.
Nous sortons d’ici assez rassurés sur notamment la prise en charge par l’État de la dette bancaire, et nous avons également manifesté au ministre l’engagement de la corporation à accompagner le gouvernement dans ce projet structurant », a déclaré Habib Simon Mapangou, représentant de l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit (APEC).



