DIG/ Un audit confié au cabinet Deloitte a mis au jour une situation financière dégradée à la Société d’incubation numérique du Gabon (SING) : plusieurs mois d’impayés de loyer et des difficultés récurrentes à assurer les salaires des employés.
C’est sur la base de ces constats que le Conseil d’administration a acté le départ du directeur général Yannick Ebibie et mis en place une gestion intérimaire, en attendant qu’un nouveau modèle soit défini pour la structure.
Une décennie financée à guichets ouverts, sans obligation de résultat
Entre 2018 et 2021, la SING a bénéficié d’un afflux de financements portés notamment par la Banque mondiale.
Cette manne, loin d’avoir consolidé un modèle économique viable, semble avoir installé une culture de la dépense sans contrepartie exigée en termes de rentabilité.
Les impayés révélés par l’audit trahissent moins un accident conjoncturel qu’une dérive structurelle installée sur plusieurs années.
Un modèle économique jamais construit après l’argent facile
La question que se posent aujourd’hui les actionnaires sur l’adéquation entre les ressources injectées et le rendement obtenu arrive tardivement.
Une structure d’incubation vit normalement de subventions publiques, de partenariats et, à terme, d’un minimum de valorisation de son portefeuille d’entreprises accompagnées.
Rien n’indique que la SING ait construit ce relais après la fin du cycle de financement international, ce qui suggère une dépendance aux bailleurs extérieurs jamais transformée en autonomie financière.
Une gouvernance à plusieurs têtes, peu propice au contrôle
L’actionnariat de la SING associe la Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN), Infracom Gabon et deux autres entités du secteur des télécommunications.
Cette architecture à plusieurs actionnaires institutionnels a pu diluer la responsabilité de suivi budgétaire : il aura fallu un audit externe pour que les manquements remontent formellement au conseil d’administration, signe que les mécanismes de contrôle interne n’ont pas fonctionné en temps réel et que la restructuration à venir devra corriger en priorité.



