DIG / Cinq jours sans gasoil ni essence avec un calendrier de retour à la normal incertain.
Une crise qui met les nerfs des Gabonais à rude épreuve et paralyse une partie de l’économie nationale/
Mais cette pénurie n’est que l’arbre qui cache la forêt d’une faillite silencieuse, celle de la SOGARA.
Selon la Banque Mondiale, l’unique raffinerie du pays traîne un passif abyssal de plus de 800 milliards de FCFA.
Les automobilistes qui ont fait la queue pendant des heures ces derniers jours l’ignorent peut-être, mais le problème est bien plus profond qu’un simple accroc logistique.
Pression financière
La Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA), chargée d’approvisionner le marché national en carburant, est sous perfusion.
Les chiffres dévoilés par la récente Revue des Finances publiques du Gabon de la Banque Mondiale donnent le vertige.
Bien que la SOGARA ait miraculeusement renoué avec les bénéfices en 2022 et 2023, elle traîne un boulet financier de 824 milliards de FCFA à la fin de l’année 2023.
Cela représente à lui seul 6,5 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays.
Un sauvetage à 861 milliards de FCFA ?
La situation est tellement critique que la Banque Mondiale appelle à une « évaluation financière approfondie urgente ».
Le rapport va même plus loin dans son tableau d’évaluation des risques budgétaires.
Le coût d’investissement nécessaire pour réduire cet important stock de passifs et sauver la raffinerie est estimé à 861 milliards de FCFA.
Paradoxe
Mais comment une entreprise avec une santé financière aussi désastreuse peut-elle garantir la sécurité énergétique du pays ?
La récente pénurie de gasoil vient rappeler brutalement que l’opacité et l’absence de restructuration de nos entreprises publiques ont des conséquences directes sur le quotidien des Gabonais.
L’État devra bientôt trancher. Il s’agira soit de laisser la SOGARA s’effondrer et multiplier les crises de carburant, ou puiser massivement dans le budget national pour éponger des décennies de mauvaise gestion.



