Stages au CHUL : Faut-il désormais payer pour apprendre à soigner ?

DIG / La formation des soignants a-t-elle un prix ? 

C’est la question que soulève la note qui circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux signée le 10 juillet 2026 par le Pr Steeve M. Minto’o Rogombe, Directeur Général du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville.

Le document fixe les conditions d’admission en stage au CHUL : 10 000 FCFA par mois pour un stage pratique ou de perfectionnement, auxquels s’ajoutent 5 000 FCFA de frais de badge pour toute la période, et une assurance responsabilité civile obligatoire.

Même les stages d’immersion ou d’observation, pourtant les moins formateurs, ne sont pas exemptés du forfait badge. Dans un établissement public censé garantir l’accès à la formation médicale, cette tarification interroge : le CHUL est-il en train de transformer une mission de service public en source de revenus ?

Qui paie, et pourquoi ?

La note prévoit des exemptions pour les étudiants de l’USS, ceux de l’INFASS inscrits en cours initial, et le personnel du ministère de la Santé admis régulièrement par la fonction publique.

Mais que dire des étudiants issus d’autres filières, d’écoles privées de santé ou venus d’autres régions du pays, qui devront s’acquitter de ces frais pour valider un stage souvent obligatoire dans leur cursus ?

Cette distinction entre stagiaires exemptés et stagiaires payants ne crée-t-elle pas une hiérarchie d’accès à la pratique hospitalière, où l’origine de la formation détermine le coût de l’expérience clinique ?

Un financement sans traçabilité affichée

Rien dans la note n’indique la destination de ces frais. Serviront-ils à l’encadrement pédagogique des stagiaires, à l’entretien des services d’accueil, ou viendront-ils simplement combler des lignes budgétaires du CHUL ?

En l’absence de toute précision sur l’affectation des sommes collectées, comment les familles et les étudiants concernés peuvent-ils s’assurer que ces frais correspondent à un service réellement rendu ?

Une pratique isolée ou un signal plus large ?

Cette mesure du CHUL s’inscrit-elle dans une tendance plus générale des établissements hospitaliers universitaires gabonais, ou reste-t-elle une initiative propre à Libreville ?

Si d’autres structures sanitaires du pays venaient à adopter des dispositifs similaires, la question dépasserait le seul CHUL : c’est l’accessibilité de la formation médicale pratique, pilier de la relève sanitaire nationale, qui serait alors posée à l’échelle du système de santé gabonais.

 

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La Redaction

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