Démolition des Trois-Quartiers : A quand le démarrage de la construction des 500 nouveaux appartements ?

DIG /Depuis le 16 mars 2026, (5 mois) les bulldozers ont eu raison des cités historiques des Trois-Quartiers, des « 90-Logements » et des bâtiments dits « Détroits », dans le 1er arrondissement de Libreville.

Construits dans les années 1970 pour le sommet de l’OUA, puis transformés en logements d’astreinte pour les fonctionnaires, ces immeubles vétustes ont été rasés sous la supervision de la Direction générale du patrimoine de l’État (DGPE).

 Une opération présentée comme le point de départ d’un vaste programme de réhabilitation du patrimoine immobilier public.

Ce qui est officiellement annoncé

Selon Tita Michel Edou Ngomo, directeur général du Patrimoine de l’État, cité par Gabonreview, le projet prévoit la construction de logements modernes répondant aux standards internationaux, destinés aux agents de l’État.

Le programme viserait à faire passer la capacité d’accueil du site d’une centaine de logements actuels à plus de 500 nouveaux appartements.

Une montée en gamme censée justifier le choix de la démolition plutôt que de la réhabilitation, option pourtant réclamée par une partie de l’opinion, qui invoquait la valeur patrimoniale de ces bâtiments datant de l’ère du premier grand chantier urbain de Libreville, celui de 1977.

L’ombre des intérêts commerciaux privés

Le flou entourant le montage du projet nourrit une inquiétude déjà ancienne dans ce secteur.

Dès 2022, des rumeurs prêtaient la cession du terrain des 90-Logements à un investisseur libanais, information démentie à l’époque par la DGPE, qui évoquait plutôt un partenariat public-privé dont le nom du partenaire devait être communiqué ultérieurement (communication qui, quatre ans plus tard, n’a toujours pas eu lieu).

Ce doute s’inscrit dans un contexte plus large : les quartiers avoisinants, notamment Louis, Pavillon et leurs animations commerciale, sont déjà largement investis par des opérateurs libanais, une présence économique installée de longue date à Libreville.

Que les nouveaux espaces commerciaux prévus sur le site des Trois-Quartiers reviennent en priorité aux locataires historiques de l’État, comme annoncé, ou qu’ils profitent d’abord à des investisseurs privés déjà bien implantés dans le foncier commercial de la capitale, reste une question à laquelle aucune autorité n’a encore répondu clairement.

Ce qu’il faudra surveiller

L’enjeu, pour les autorités gabonaises, sera de transformer ce chantier en preuve de méthode plutôt qu’en nouveau symbole d’un urbanisme à deux vitesses : rapide pour raser, hésitant pour bâtir.

Reste à savoir si les 500 appartements annoncés verront effectivement le jour, dans quel délai, et surtout si les anciens occupants souvent des fonctionnaires modestes, pourront réellement y prétendre, ou si le foncier libéré en plein cœur de Libreville finira par échapper à sa vocation sociale initiale.

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La Redaction

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