DIG/ Alors que plusieurs plateformes aéroportuaires d’Afrique centrale et de l’Ouest enregistrent une progression de leur trafic aérien, l’aéroport international Léon-Mba de Libreville évolue dans une dynamique inverse.
Selon les données avancées par FLYGABON, la plateforme gabonaise aurait perdu près de 100 000 passagers depuis 2018, une baisse que la compagnie nationale attribue notamment à la hausse des charges fiscales et tarifaires appliquées au secteur.
Le poids d’un « millefeuille » fiscal et tarifaire
Pour FLYGABON, cette baisse de fréquentation s’explique en grande partie par l’accumulation de taxes et redevances qui renchérissent le coût des billets d’avion.
Parmi les mesures pointées figurent la réintroduction de la TVA à 18 % sur les vols domestiques, l’extension de la taxe R4 à l’ensemble du réseau national, ainsi que l’augmentation de certaines redevances liées à la sûreté aéroportuaire, notamment Sécuriport et les frais WZ.
La compagnie estime que cette pression tarifaire pénalise particulièrement les déplacements entre provinces et les connexions régionales.
À titre d’exemple, un trajet aller-retour Port-Gentil–Franceville via Libreville pourrait supporter jusqu’à 52 480 FCFA de redevance R4, tandis qu’un transit sous-régional comme Douala–Brazzaville via Libreville atteindrait jusqu’à 131 192 FCFA par passager au titre de cette seule taxe.
Quel avenir pour l’ambition de hub régional ?
Pour la compagnie nationale, cette structure tarifaire constitue un frein au développement du transport aérien gabonais. Alors que certains pays africains misent sur une réduction des coûts pour attirer davantage de compagnies, de passagers et d’investissements, le Gabon risque, selon FLYGABON, de réduire l’attractivité de sa plateforme de Libreville.
L’enjeu dépasse donc la seule question du prix des billets : il concerne la connectivité entre les provinces, la compétitivité du pays et l’ambition de faire de Libreville un véritable hub aérien sous-régional.
Face à ces préoccupations, FLYGABON appelle à une concertation entre les acteurs publics et privés afin de trouver un équilibre entre financement des infrastructures, exigences de sûreté et accessibilité du transport aérien.



