Zéro taxe pour l’Afrique : Comment Libreville peut tirer profit de l’initiative  de Pékin

DIG / À compter du 1er mai 2026, la Chine appliquera un régime de droits de douane nuls sur l’ensemble des produits importés en provenance de 53 pays africains.

L’annonce, faite par le président Xi Jinping en marge du 39e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, étend un régime préférentiel déjà accordé à 33 pays africains, portant désormais à la quasi-totalité du continent le bénéfice d’un accès libre au marché chinois.

L’Eswatini demeure la seule exception, en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan.

Enjeux

Pour le Gabon, l’enjeu est réel et immédiat. La Chine est déjà le premier partenaire commercial du pays, absorbant 28 % de ses exportations en 2024.

Le pétrole brut, le bois scié et le manganèse constituent les produits phares de ces exportations. Avec la suppression des droits de douane, ces matières premières accèderont au marché chinois sans friction tarifaire, ce qui pourrait renforcer leur compétitivité face aux fournisseurs concurrents.

La demande chinoise représentait par ailleurs 25 % des exportations gabonaises en 2023.

Opportunités

Reste que la question de la valeur ajoutée est au cœur du débat. Les exportations africaines vers la Chine restent massivement concentrées sur les ressources brutes.

Pékin entend diversifier la nature des produits qu’il importe d’Afrique afin de commercer sur un spectre plus large.

Pour le Gabon, qui a interdit l’export de manganèse brut à partir de 2029 et développe progressivement sa filière de transformation locale, cette ouverture tarifaire pourrait constituer une fenêtre de tir pour exporter des produits semi-finis à meilleure marge, à condition que les capacités industrielles suivent.

Impact

L’enthousiasme doit toutefois être tempéré par une lecture structurelle. La mesure concernera environ 97 % des exportations africaines vers la Chine, mais l’impact réel dépendra de la capacité des pays du continent à diversifier leur offre exportable et à exploiter les procédures simplifiées promises par Pékin.

Pour Libreville, comme pour nombre de capitales africaines, la suppression des droits de douane est une opportunité, pas une garantie.

Transformer l’accès tarifaire en gains commerciaux durables supposera des réformes que Pékin n’imposera pas à leur place.

 

 

 

 

 

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La Redaction

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