100 jours du gouvernement : Immongault entre bilan assumé et chantiers en souffrance

DIG / À l’occasion des 100 premiers jours du gouvernement, le Vice-Président du gouvernement  Hermann Immongault a livré, dans une interview accordée le 21 mai 2026 au quotidien L’Union, une évaluation sans fard des avancées et des limites de l’action gouvernementale.

Un bilan lucide, sans triomphalisme

Pas de satisfecit de façade, mais pas de déni non plus.

«Tous les objectifs n’ont pas encore été pleinement atteints et nous l’assumons avec lucidité», a déclaré Hermann Immongault, reconnaissant que certaines réformes ont buté sur «des délais administratifs incompressibles» ou sur «des contraintes techniques, budgétaires ou organisationnelles».

Une posture rare dans la communication officielle gabonaise, qui tranche avec les habituels discours de satisfaction systématique.

Des avancées sectorielles réelles

Sur les secteurs les plus attendus, le Vice-Président a mis en avant des résultats concrets. Dans l’énergie, «plus de 40 MW supplémentaires» ont été injectés dans le réseau national. Sur le logement et le foncier, le gouvernement revendique «plus de 4 000 titres fonciers établis, plus de 13 000 décisions foncières traitées et près de 1 400 logements actuellement en construction».

Dans le secteur sanitaire, la promulgation du Code de la Santé, l’intégration de 13 structures au système eGabon SNIS et la réhabilitation de plusieurs établissements hospitaliers complètent ce tableau.

Même la lutte contre la vie chère s’est traduite par une mercuriale sur 105 produits de grande consommation et la mobilisation de la Centrale d’achat du Gabon pour peser directement sur l’offre.

Emploi, rail et digitalisation : des résultats contrastés

Sur l’emploi, le recrutement de «près de 10 000 personnels dans les Forces de défense» et la mise en solde de 713 agents à la Fonction publique figurent parmi les réalisations avancées.

La réhabilitation de 411 km de voies ferrées pour la SETRAG, dépassant de «37 % les objectifs initiaux», est présentée comme un vrai succès d’exécution. En revanche, la digitalisation reste encore timide avec le déploiement de 1 250 QR codes marchands, une amorce prometteuse, mais loin d’une transformation numérique systémique.

Les retards assumés sur les infrastructures critiques

C’est sur ce volet que le Vice-Président a été le plus direct. «Sur certains objectifs structurels et des infrastructures critiques, nous accusons des retards qu’il faut assumer et corriger avec fermeté», a-t-il reconnu.

Le chantier du terminal de l’aéroport de Libreville, les mises aux normes des aéroports de Tchibanga, Lambaréné et Mouila, ainsi que certains axes routiers sont explicitement cités comme étant à la traîne, précisément les infrastructures à fort impact sur la connectivité et l’attractivité économique du pays.

Une discipline d’exécution à renforcer

Malgré ces lacunes, Immongault a tenu à rappeler que «la trajectoire fixée par le chef de l’État est respectée», tout en reconnaissant que la situation impose désormais «une discipline d’exécution encore plus stricte».

Ce bilan à cent jours révèle une gouvernance en rodage, prise en étau entre l’urgence des attentes populaires et le temps long des réformes structurelles.

La crédibilité du gouvernement se jouera moins sur les annonces que sur la livraison effective des chantiers en souffrance.

 

 

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La Redaction

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