L’Or

L’exploitation de l’or au Gabon remonte Ă  l’annĂ©e 1937. Depuis cette date, le Gabon a collectĂ© environ 40 tonnes d’or provenant du traitement de l’or extrait des divers sites d’orpaillage prĂ©sents sur l’ensemble du territoire national.

Mais, l’exploitation ces dernières années des mines artisanales du Gabon par des réseaux de contrebandiers, a exposé le pays à de nombreux maux dont l’immigration illégale, l’insécurité, les conflits entre les orpailleurs et les populations locales, les menaces sur l’environnement avec une forte augmentation des actes de braconnage.

Dans la seule zone de Minkébé, les forces de l’ordre et l’armée ont dû intervenir à plusieurs reprises ces derniers mois pour faire stopper l’exploitation informelle de l’or.

Face à cette situation, le Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or (CGCO), une filiale de la Société équatoriale des mines (SEM) créée en 2011, a progressivement mis en place en 2013 avec le concours du ministère des Mines, une politique de régulation sur les principales zones d’orpaillage en intervenant au niveau de l’achat et de la commercialisation.

Outre sa collaboration avec le ministère des Mines, le CGCO apporte également une assistance technique aux orpailleurs gabonais qui travaillent trop souvent dans des conditions archaïques et sans sécurité.

Les agents du CGCO offrent aux artisans leurs compétences pour améliorer le matériel et les méthodes d’exploitation des artisans.

Enfin, à terme, la SEM travaille à l’établissement de véritables coopératives de mineurs d’or, solution adéquate pour professionnaliser ce secteur et contribuer efficacement à leur développement social.

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L’ActivitĂ© en 2013

Le chiffre d’affaires des ventes d’or collectées en 2013 par la Société Equatoriale des Mines (SEM) via le Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or (CGCO) a été évalué à 759 millions de Francs CFA, d’après un communiqué officiel de l’entreprise paru le 21 février 2014.

« Sur 2013 nous avons collecté 42,9 kg d’or grâce à la création sur le terrain de comptoirs à Makokou et à Ndjolé et à des missions de plusieurs de nos agents sur les principales zones d’orpaillage. Mais notre objectif n’est pas simplement la collecte auprès des mines artisanales. Nous voulons entièrement restructurer cette filière qui depuis trop longtemps échappait au contrôle de l’Etat. Notre mission est à la fois de nous assurer que l’exploitation artisanale de l’or profite au Gabon et à ses citoyens, mais également que les artisans travaillent dans de meilleures conditions, dans le respect de la législation et de l’environnement » a indiqué Fabrice Nze Bekale, le directeur général de la SEM.

Créée en 2011 par décret présidentiel, la SEM a pour missions d’améliorer la gestion des ressources naturelles du Gabon et d’optimiser leur utilisation au profit du développement économique et social du pays. Placée sous la supervision technique du ministère des Mines, cet organisme a également pour objectif de restructurer l’activité artisanale d’exploitation de l’or et d’en être l’acheteur exclusif.

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L’ActivitĂ© en 2014

Au terme de l’année 2014, le marché de l’or a été affecté par la contraction de la demande et des prix sur le marché international. Dans ce contexte, l’activité aurifère sur le plan national a enregistré des résultats en baisse, imputable principalement aux difficultés techniques de l’outil de transformation et aux éboulements de terrain sur le site d’exploitation.

Ainsi, la production de l’or de la mine de Bakoudou a atteint 1 058,4 kg, soit un repli de 11,1% par rapport à 2013. De même, le chiffre d’affaires a chuté d 22,9%, pour se situer à 19,2 milliards de FCFA contre 24,9 milliards de FCFA en 2013.

Evolution de l’activitĂ© de l’or

  2012 2013 2014 14/13
Production (KG) 683,1 1191,1 1058,4 -11,1%
Lingots (nombre) 100,0 179,0 196,0 9,5%
Chiffre d’affaires (en milliards de FCFA) 17,0 24,9 19,2 -22,9%
Effectifs (nombre d’agents) 116,0 198,0 263,0 32,8%
Masse salariale (en millions de FCFA) 776,9 818,1 1393,0 70,3%
Investissements (en millions de dollars US) 3,149 2,935 4,171 42,1%

Source : Direction de la subdivision des mines du Haut-Ogooué

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Effectifs

Les effectifs ont connu une hausse de 32,8%, suite au recrutement de 65 agents, notamment des sous-traitants intervenant au niveau du gardiennage, de la restauration et autres services, pour une masse salariale annuelle de 1,4 milliard de FCFA.

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Investissements

En 2014, l’investissement s’est élevé à près de 4,2 millions de dollars (2,5 milliards de francs) et a concerné principalement la poursuite de la recherche, l’achat de véhicules de service et les travaux d’aménagement des voies d’accès aussi bien à la mine d’extraction qu’à l’usine de transformation.

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L’ActivitĂ© en 2015

L’Etat gabonais a annoncĂ© sa ferme intention de reprendre en main l’activitĂ© aurifère Ă©chappant Ă  son contrĂ´le en obligeant les orpailleurs artisanaux Ă  lui vendre leur production.

L’objectif: avoir « une meilleure visibilitĂ© et un meilleur contrĂ´le de l’activité », explique Wesbert Moussounda, le directeur du Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or (CGCO).

Six comptoirs ont ainsi Ă©tĂ© crĂ©Ă©s dans le pays, que parcourent les collecteurs jusque sur les sites les plus difficiles d’accès, comme celui du camp 6, Ă  près de trois heures de piste escarpĂ©e de la ville.

En 2015, le Comptoir a collectĂ© 55 kg d’or. Un bilan modeste, alors que l’orpaillage fait travailler environ 10.000 personnes dans le pays, selon l’ONG World Wildlife Fund (WWF) Gabon.

L’encadrement de l’Etat va « amĂ©liorer les conditions de vie de nos compatriotes », avec Ă  terme le dĂ©veloppement de « petites mines mieux organisĂ©es et semi-automatisĂ©es », a assurĂ© le DG de la CGCO.

Mais les orpailleurs obligĂ©s de revendre leur production Ă  l’Etat se disent perdants: « Avant on Ă©tait Ă  20.000 francs le gramme mais maintenant, depuis qu’ils sont lĂ , ça descend Ă  17.000 », dĂ©plore le chef de village du camp 6, Simon Pierre Matamaya.

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La Redaction

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